La Route du Blues (2): une légende au Legends

Vendredi est arrivé, avec Marc Ysaye, le gros des troupes participantes à cette Route du Blues qui, de Chicago, ralliera la Nouvelle-Orléans. 110 personnes en tout. On n’ira chercher les 54 motos que samedi matin. D’ici là: temps libre pour visiter la Windy City.


Certains préféreront les buildings art déco du Loop ou le shopping à la rétrospective Roy Lichtenstein de l’Art Institute of Chicago. On en connaît même qui ont ressenti le besoin d’aller tremper les pieds endoloris dans l’eau froide du lac Michigan, sur North Beach, après avoir cherché en vain le mur ensanglanté de la Saint-Valentin 1929, sur Clark Street. Cela fait longtemps qu’il a disparu du quartier, au contraire du cinéma Biograph, sur Lincoln Avenue, là où John Dillinger s’est fait dégommer en 1934.
Tout le monde s’est retrouvé en soirée pour aller manger un bout chez Dick, au pied des tours de la Marina. Un endroit comme les Américains aiment tant: les serveuses vous mettent des bonnets d’âne avant de vous jeter ribs et poulet frit dans une ambiance pour le moins infantile.
Pour s’en remettre, on aura bien besoin d’une promenade sur Wabash Avenue, jusqu’au Buddy Guy’s Legends, le club fondé en 1989 par le grand bluesman chicagolais. Ayant appris qu’une centaine de joyeux Belges en goguette étaient dans la place, Buddy est venu rejoindre sur scène sa fille Carlise, une solide chanteuse qui a passé son temps à lancer des t-shirts du club dans le public. Buddy a également rejoint le groupe suivant, celui de John Primer, chanteur et guitariste qui a beaucoup joué avec Muddy Waters. Du coup, le public a transformé le club en piste de danses, comme au bon vieux temps. Buddy, sans rire, avouera que ce club vivra tant qu’il sera vivant et perpétuera cet esprit blues qu’il a dans le sang. Il sait très bien qu’aux Etats-Unis, les clubs de jazz et de blues ont fermé les uns après les autres. Le Legends, avec sa boutique, son resto et, au mur, les guitares des plus grands (les Vaughan, Clapton, Beck, Santana, Taylor, etc.), fait véritablement partie du patrimoine de la ville. Samedi, on veillera d’ailleurs à en trouver d’autres. Après le concert du Jimmy Burns Band, jeudi, à la House of Blues, on peut dire que cette Route commence plutôt bien.

THIERRY COLJON


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3 commentaires

  1. VILLANO Franck

    26 mai 2012 à 9 h 26 min

    Aaaahh…. j’aurai voulu en être! Mias bo, jamais le temps pour rien… bon amusement!
    Franck

  2. Marie

    27 mai 2012 à 8 h 03 min

    N’oubliez pas le Green Mill au 4802 Broadway ave!

  3. REGNIERS Jacques

    27 mai 2012 à 11 h 33 min

    je vous attends à New Orleans ; j’y étais en 1976 et ai passé la nuit dans le très ancien et authentique “Preservation Hall” où j’ai écouté le vrai Dixieland, le blues pur des noirs et ai encore rencontré la Reine Emma, édentée, qui jouait au piano et chantait comme une déesse. On était assis à même le sol, sur le parquet, sur à peine 100m2, entrèe : 5 US$, moyenne d’âge des Noirs, entre 80 et 100 ans. Un grand moment de musique que j’ai redécouvert grâce à Youtube.
    Aujourd’hui, c’est une immense salle sans âme sauf que la musique est la même, mais jouée à la demande. Quelle chance j’ai eue ! Bravo pour votre émission !!!

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