La route du Blues (3): bye bye Chicago

Très chaud le Lees Unleaded Blues Club en plein South Side désert.

Samedi, c’était l’heure, de grand matin, pour les motards, d’aller chercher leur bécane. On avait quelques craintes, vu la moyenne d’âge assez élevée du groupe, que ceux qui n’avaient plus chevauché de fier destrier depuis une trentaine d’années auraient du mal. Les hanches et les cols du fémur vont-ils tenir jusqu’en Louisiane? Mauvais esprit, va: chacun s’est très bien débrouillé et il fallait voir la cinquantaine de Harley débarquer en ville en procession, sous les vivas du public, même que les touristes japonais n’étaient pas seuls à les prendre en photo.
On vous montrera tout ça demain, dimanche, jour de la première étape jusqu’à Saint-Louis, Missouri. En attendant, on passe ses derniers instants dans cette ville de rêve qu’est Chicago. J’en ai profité pour aller voir les Chess Studios, sur 2120 S. Michigan, pour reprendre le titre d’une chanson des Stones sur l’album 12X5. Car les Pierres Qui Roulent étaient de grands fans de ce petit label qui a littéralement fondé le Chicagoan Blues (plus urbain, plus électrique que celui du Delta), avec Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Buddy Guy, Koko Taylor et Willie Dixon dont la fondation a rénové les bureaux et studios des frères Chess. C’est là que les plus belles pages du blues moderne ont été enregistrées dès 1950. Il ne reste plus grand chose à voir, les moyens manquent visiblement mais les lieux ont une âme et un film retrace bien cette belle aventure.
Sur le retour, je tombe, State Street, sur la parade du Memorial Day (c’est lundi, en lieu et place de notre Pentecôte), en hommage aux soldats américains tombés pour la patrie et aux vétérans. Notre 21 juillet à côté de ça, c’est du pipi de chat.

Parmi les clients du Lees Unleaded, un mojo tout droit sorti de New Orleans.

En soirée, après un buffet sympa au Rock It, direction le South Side, le quartier le plus chaud, pour ne pas dire hard, de Chicago. En pleine zone se trouve le Lees Unleaded Blues Club, un minuscule bouge où officie ce soir-là Sherman “Moody” Thomas (un vrai seigneur funky à mourir qui devrait jouer avec Prince) rejoint par Mz. Peachz, une solide gamine plus large que haute, et deux dames sans doute recrutées dans la rue d’à côté, en quête d’un client. Très chaud quand elles se mettent à vous coller des parties du corps que je ne nommerai pas. Voilà en tout cas de quoi finir en beauté cette première étape à Chicago, une belle de nuit comme de jour déjà regrettée. Demain, tous à moto, les choses sérieuses commencent. THIERRY COLJON


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