Pop’pea, joyeux laboratoire peuplé de rock stars

Dans le premier arrondissement de Paris, le Théâtre du Châtelet abrite en son coeur « Pop’pea », un spectacle ovni entre opéra pop, comédie musicale et expérimentation scénique. Le tout saupoudré d’humour absurde et d’inspirations « Tim Burtoniennes ».


Un coup d’oeil au programme suffit pour se rendre compte à quel point le casting de Pop’pea est musclé. Carl Barât surprend en interprétant un Néron mi-empereur tyrannique mi-rock star ; Marc Almond (Softcell) incroyable en Sénèque et Benjamin Biolay insipide en Othon. D’excellents musiciens y jouent à leur manière l’opéra de Monteverdi sous la direction de Peter Howard. Un temps batteur de The Clash, le directeur musical de Pop’pea a posé son nom sur quelques albums de Paul Weller, The Wedding Present et The Blockheads. A ses côtés un ancien Cardiacs, William D. Drake et Angie Pollock, clavieriste de Goldfrapp, Sophie Ellis-Bextor et Peter Gabriel. Tout ce beau monde est habillé par Nicola Formichetti, le directeur mode de Lady Gaga.

Du beau monde qui va nous faire voyager dans un étrange univers pendant plus de deux heures. Si l’intrigue s’inspire de l’opéra de Monteverdi, L’incoronazione di Poppea, il ne reste que la soprano Valérie Gabail pour nous le rappeler. Du reste, l’histoire est simplifiée par le dramaturge anglais Ian Burton.

Néron (Carl Barât), empereur de Rome, tombe sous le charme de Poppea (Valérie Gabail) alors que celle-ci est mariée à Othon (Benjamin Biolay). Mais le premier obstacle à leur amour est l’impératrice Ottavia (Fredrika Stahl) que Néron fera écarter avec l’aide de son précepteur, le philosophe Sénèque (Marc Almond). S’ensuit une série de complots qui démontreront que Poppea est guidée par sa soif de pouvoir.

Le spectateur assiste à un véritable laboratoire musical et visuel. Les trucages sont effectués en direct grâce au “blue screen”. La scène qui se déroule sous nos yeux peut être alors suivie à différents niveaux : l’écran de cinéma qui rend l’image finale mais aussi le “plateau” où l’acteur chante devant le “blue screen” tandis que les techniciens s’agitent à côté. Ainsi un fer à repasser devient la proue d’un bateau et un drap de lit fait office de vagues.

 

Côté musical, Poppea offre un large panel de styles passant du pop-rock au rap, sans oublier la soul et l’indie rock. Un soupçon de chant lyrique çà et là, histoire de ne pas oublier que Poppea est avant tout un opéra. On déplore cependant le manque de présence de Biolay, totalement éclipsé par les prestations de Carl Barât et Marc Almond.

Les costumes portent la marque évidente du directeur mode de Lady Gaga : robe en pelouse, escarpins paillettés et ultra compensés sous robe de mariée démesurée.

A en juger par la salle archi-complète et la foule de fans attendant Marc Almond, Peter Howard, Carl Barât et Benjamin Biolay à la sortie des artistes, Poppea est un franc succès. Le Théâtre du Châtelet n’exclut pas de ressortir les costumes pour la saison prochaine et pourquoi pas, de faire voyager Poppea hors des frontières françaises.

Poppea, du 29 mai au 6 juin, Théâtre du Châtelet, Paris

Extraits de Pop’pea

Les répétitions du spectacle

Interview de Carl Barât

Interview de Peter Howard

Journaliste lesoir.be.

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