The Afghan Whigs, en gentlemen

Hier soir, au Cirque Royal, c’était le retour d’Afghan Whigs après onze années de séparation. Les Afghan Whigs de Greg Dulli, groupe majeur de la scène rock US du début des 90′s… Tout ça, c’est très bien. Mais en 2012?

Encore un trip nostalgie? Il semblerait, oui. Mais à décharge, la musique des Afghan Whigs a bien mieux vieilli que celle de ses contemporains. Rapide rappel: du fait de leur passage chez Sub Pop, le label grunge par excellence, on a rapidement fait de ranger les Afghan Whigs de Cincinatti dans la même écurie que tous les groupes de Seattle – en un mot, grunge. Sauf que les Afghan Whigs n’ont jamais été portés sur le punk ou le metal à la Black Sabbath. Non, l’idée dans la tête de Greg Dulli, c’était être à la fois Husker Dü (pour le côté rock indé US), les Temptations (et tout le catalogue Motown) et Frank Sinatra. Et franchement, ça a plutôt pas mal fonctionné.

Juin 2012, vingt-six ans après la formation du groupe, onze ans après la séparation
, quasi rien n’a changé. Sûr, le public est conquis d’avance, la prise de risque est minimale et la voix de Greg Dulli fonctionne comme un diesel. Il faudra attendre quatre-cinq titres pour qu’elle retrouve le timbre juste et les longues complaintes soul-cramées dans les aigus, mais passé le triptyque impérial Going To Town, When We Two Parted, Gentlemen, la machine est relancée. Le groupe enchaîne les titres et parvient à décoincer ce Cirque Royal si peu adéquat pour les concerts rock – et on ne parle pas du son assez limite.

Surtout, il y a les chansons. La setlist, si elle revisite la carrière du groupe, se repose surtout sur ses deux meilleurs albums, « Gentlemen » (1993) et « Black Love » (1996). Et on se répète, mais elles ont plus que bien vieillies, ces chansons. Sly Stone et Kurt Cobain sont sur un bateau. Et on y (re)plonge avec bonheur, sans nostalgie, ou presque. Et puis, la fin du set est parfaite, avec Debonair et les trois titres terminant « Black Love »: Bullet Proof, Summer’s Kiss et surtout la merveille épique Faded qui s’étire sur plus de dix minutes, cite Purple Rain, et clôt l’affaire sur ces notes de guitare tournoyantes, répétées comme un mantra qui vous prend aux tripes jusqu’à la note finale. Voilà! Il y aura bien un rappel, mais c’est pas la peine, la partie est gagnée. Afghan Whigs ont vieilli avec classe et grandeur. Gentlemen un jour,…

Didier ZACHARIE

Le concert d’Afghan Whigs au Primavera de Barcelone début juin 2012

Journaliste lesoir.be

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2 commentaires

  1. jujuu2

    14 juin 2012 à 10 h 21 min

    Vu à l’atelier au Lux lundi et c’était également un excellent concert mais avec un son limite mauvais. Dommage! A revoir (on peut rêver) à l’AB…

  2. mh848

    19 juin 2012 à 12 h 03 min

    I saw them at den atelier in Luxembourg and they were fantastic & better this time around although I agree the sound quality was questionable. I couldn’t buy tickets for the Brussels concert because it was sold out but would love to see the band again – especially where I saw Greg with the Twilight singers at the AB..

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