Lou Reed sous la lune pourpre de l’AB

L’ange noir du rock, le Mister Rain du Velvet Underground, Lou Reed en personne est à Bruxelles, les 15 et 16 juin, pour deux concerts gothiques à l’AB.

Moulée dans une salopette de cuir blanc, Joan as Police Woman a chauffé le public vendredi soir, d’une
voix d’Apache indomptable, biberonnée au Mezcal. Au bout d’un sublime chant de la pluie, elle a assuré que tout le monde serait “très très clean” cette nuit, avant de rejoindre les choeurs de son pote, Lou Reed.

Cerné de bouteilles d’eau pour exorciser les démons de l’addiction, Lou se faufile sur scène avec la délicatesse de la salamandre. Sa voix sort d’outre-tombe pour nous dévorer l’âme dès le premier riff de béton de “Brandenburg Gate”. Intacte, elle a gardé les accents crépusculaires de Boris Karloff, le buveur de sang d’Hollywood. En l’absence de Metallica, avec qui Lou a composé cette “hard bomb”, son groupe assure méchamment et balance un son assassin.

On passe carrément dans le rouge avec “Heroin”, le coup de seringue hypnotique, écrit en 1964 pour le Velvet Underground. Lou sait où il veut nous emmener : l’archet fond sur le solo de violon électrique le plus speedé de l’histoire du rock. Le mythe est vivant et le désir monte d’un cran quand il descend un de ses autres “feel good songs”, “I’m Waiting For The Man”, comme on ouvre une braguette.

Le batteur cogne façon Caterpillar sur “Senselessly Cruel”, “The View” ou “Mistress Dread”, un autre chant désespéré écrit avec Metallica. Après “Street Hassle”, la contrebasse électrique entre en scène pour “Cremation”, un poème mélancolique sur lequel on se prend une enclume d’émotion, avant l’incontournable “Walk On The Wild Side”, joyeusement arrangé pour sauter heureux les deux pieds dans la tombe. Ca sent la fin sur le cathartique “Sad Song”. Une “purple moon” se dessine au-dessus du groupe. Lou entonne “Junior Dad”, l’hymne aux âmes perdues de “Lulu”, l’album enregistré avec Metallica.

God Bless you, Lou ! Cul en l’air, la salle le rappelle. Il s’injecte une bouteille d’eau minérale pour nous servir “Beginning To See The Light”, une pure pop song ressuscitée du troisième album du Velvet. On reste en famille avec “Sweet Jane” pour tirer le rideau sur ce concert bien couillu.

DANIEL COUVREUR

Journaliste lesoir.be

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2 commentaires

  1. festival83

    16 juin 2012 à 18 h 21 min

    moi je vais voir lou reed en concert cet été je suis trop excitée !!

  2. Emile de Bruxelles

    17 juin 2012 à 21 h 39 min

    Moi je suis déçu: Lou est vieux, Lou est statique, Lou chante faux, et, et, et… Mes photos sont ici: http://www.imparato.be/loureed2012/index.html

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