Thee Oh Sees : si, si, c’est du rock !

Restez chez vous, la Fête de la Musique est terminée ! Elle avait lieu hier soir au VK, avec Thee Oh Sees aux manettes. Dans leur style très particulier, les quatre de San Francisco forment un fichu bon groupe de scène. Mais pas exactement dans le sens « show » du terme.

De fait, ce qu’ils jouent  – et comment ils le jouent – provoque en live quelque chose d’implacable et de libératoire. Du coup, on voit des camarades pris jusque-là pour des types sérieux partir pogoter et crowdsurfer comme des gamins. La fontaine de Jouvence fait des bulles sous le Golden Gate !

Thee Oh Sees, donc… Emmenés par John Dwyer, tatouages, bermuda, polo rayé. Qui tient sa guitare transparente à l’horizontale, très haut sur la poitrine. S’exprime avec une drôle de voix un peu féminine, un peu David Byrne, un peu Fred Schneider, quand il ne s’approche pas de son micro pour s’y manifester par quelques cris et bruits de bouche. L’autre organe du quatuor est celui de la claviériste Brigid Dawson. Elle et John chantent la plupart du temps à deux : c’est cela aussi qui fait le cachet du groupe.

Thee Oh Sees ne joue pas depuis cinq minutes que c’est déjà l’effervescence dans les premiers rangs, agités par un pogo festif. La batterie (Mike Shoun, frappe sèche, sans chichis) n’est pas du genre à leur laisser le moindre répit. Et puis, avec sa gratte qui fait des sons de basse, Petey Dammit (look punk tendance Oi!) groove comme un fou.

Garage, punk et psychédélique sont les trois qualificatifs qui se frayent un passage entre les neurones de l’auditeur occupé à bouger sa tête sur « The dream » (effréné) ou « Crack in your eye » (gimmick catchy). Ce jeudi soir au VK, dans ce mélange qui donne aussi des fourmis dans les jambes, on détecte pas mal d’autres gâteries : intros à la Sonics, des cordes qui prennent l’accent surf (« Contraption/Soul desert »), des influences rock’n’roll clairement vintage, un peu de Cramps (« Mega-feast ») et une once de Gun Club. Sale mais pas trop, énergique sans être assommant. Avec toujours un petit quelque chose d’arty décalé, même si on n’est plus exactement dans le bricolage et le lo-fi d’un album comme Castlemania. Terrible, quoi.

Didier Stiers

 

Thee Oh Sees @ The Depot, SF State University – 07/12/2011

 

Didier Stiers

commenter par facebook

3 commentaires

  1. DZ

    24 juin 2012 à 12 h 30 min

    M’enfin de qui parlez-vous?

  2. ds

    24 juin 2012 à 13 h 48 min

    Cher DZ… J’ai promis de rester discret à ce propos. Mais de l’avis général, vous fûtes le plus gracieux !

  3. JSBX

    25 juin 2012 à 10 h 40 min

    Ils jouaient la veille Kreun à Courtrai, c’était magique, intense et merveilleux. Le meilleur concert auquel j’ai eu la chance d’assister!!!!

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>