L’avenir incertain de Kaiser Chiefs

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L’an passé, Ricky Wilson et ses acolytes créaient la surprise en sortant du confort de leurs singles accrocheurs avec un album de 20 titres intitulé “The Future is Medieval”. Après avoir été à l’affiche cinq fois en sept ans au Festival Werchter, Kaiser Chiefs passe à Werchter Classic pour la promo de “Souvenir”, une collection de leurs nombreux singles. L’occasion pour le groupe originaire de Leeds de faire le point sur son avenir. Un avenir marqué d’un gros point d’interrogation si l’on en croit les dires de Nick Baines alias Peanut (claviers) et Andrew White dit Whitey (guitare).

Votre dernier album The Future is Medieval ressemble peu à Kaiser Chiefs: aucun single et moins de morceaux aux refrains accrocheurs. Pourquoi ce changement soudain?
Peanut: Après “Off with their heads”, on a vraiment pris notre temps. L’industrie du disque a énormément changé depuis notre premier album et on trouvait ça insensé de revenir encore avec un onze titres. Il fallait qu’on évolue. C’était indispensable qu’on aille plus loin musicalement.
Whitey: Les autres albums ont été enregistrés en six semaines. En si peu de temps, c’est difficile de faire autre chose que des chansons pop, instantanées. Ici, on a pris le temps d’explorer, d’aller voir plus loin, de ne pas se stresser.

Avec vos trois premiers albums, on vous qualifiait de machine à tubes. Cet album-ci change la donne… ça ne vous effraie pas?
Peanut: Pas du tout! On voulait faire évoluer le groupe d’une manière ou d’une autre. The Future is Medieval est un album dont Kaiser Chiefs est très fier. C’est très bien d’avoir des singles, de voir la foule les chanter en choeur avec le groupe mais avec The Future is medieval, on a vraiment exploré chaque chanson. L’idée était d’aller toujours plus loin, de voir ce dont le groupe était capable.
Whitey: Sur cet album, il n’y a pas de singles et il en faut pour exister commercialement. Pour certaines personnes, c’est comme si on avait disparu. C’est parfois difficile à vivre mais je pense qu’il fallait le faire.
Peanut: On ne voulait pas tomber dans l’autre travers c’est-à-dire de vouloir à tout prix sortir un album à tubes comme les précédents. Et se retrouver avec des singles de plus en plus mauvais. On est conscient que comme il n’y avait pas de Ruby, l’album a moins attiré l’attention.

Pourquoi sortir un Best of après seulement quatre albums studio?
Peanut: Il y avait assez de singles pour pouvoir les compiler en un seul album. On sentait que c’était le bon moment pour sortir une collection de singles.
Whitey: C’est vrai que sortir ça après dix ans de carrière ça sonne un peu comme la fin de quelque chose. Maintenant que ce Best of est sorti, on peut passer à autre chose, voir l’avenir du groupe différemment. C’est un peu le fonctionnement de Kaiser Chiefs depuis toujours: oublier tout ce qui a été fait avant et recommencer depuis le début.

Passer de Werchter à Werchter Classic, pensez-vous que ça signifie aussi la fin de quelque chose?
Whitey: Non. Le producteur ne pouvait pas nous replacer à l’affiche de Werchter mais il voulait qu’on joue quand même donc il nous a invités à Werchter Classic.
Peanut: On lui doit tellement qu’on ne pouvait pas refuser…

Quel avenir réservez-vous à Kaiser Chiefs?
Peanut: Avec The Future is Medieval, il est certain qu’on a pris un risque. Au début, on pensait que c’était une bonne idée ce Best of mais une fois qu’il est sorti, on s’est posé beaucoup de questions. Ce Best of va nous aider à passer au chapitre suivant.
Whitey: Pour l’instant, on pense énormément à l’avenir. Mais honnêtement, on ne sait pas ce qu’on va devenir.
Peanut: Aujourd’hui c’est seulement notre deuxième festival; on est parti sur la route jusqu’en septembre. Et à partir de là, on ne sait pas trop…
Whitey: Nous allons faire un break car Ricky a d’autres projets. Il va faire un opéra rock appelé “War of the worlds”.

Maïlys Charlier


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