“Playlist” : Thierry Coljon retrace ses souvenirs de critique musical au journal “Le Soir”. Editions Luc Pire, 192 pages, 21 euros, en librairie dès le jeudi 15 novembre 2012.

5 albums

Prince, Purple Rain. Son précédent double 1999 était un chef-d’œuvre mais cette musique du film du même nom permettra à Prince de se faire connaître du grand public. Avec When Doves Cry en guise de tube.
 
 
 
 
Bruce Springsteen, Born in the USA. Cette plus grosse vente du Boss est due à des titres chocs (quitte à être mal compris), celle d’une Amérique désireuse d’oublier ses vieux fantômes.
 
 
 
 
The Smiths, The Smiths. Tout Morrissey, flanqué de Johnny Marr à la guitare, est là. De courtes chansons sans synthé parlant du mal-être existentiel.
 
 
 
 
 
Echo & the Bunnymen, Ocean Rain. Le plus lumineux des albums du groupe liverpuldien. La voix d’Ian McCulloch n’a plus jamais été aussi belle.
 
 
 
 
 
Lloyd Cole & the Commotions, Rattlesnakes. Perfect Skin et Forest Fire lancent le mouvement de cette pop écossaise raffinée aux accents folk. Lloyd, dès le premier essai, atteint les sommets.
 
 

5 concerts


The Cure. Le dimanche 13 mai, le groupe de Robert Smith est à l’Ancienne Belgique et ça commence à 19 heures.

Bob Dylan. Tentative sans lendemain de concerts au stade de Schaerbeek. Santana et Dylan s’y collent le jeudi 7 juin.

Frank Zappa. Fabuleux concert d’une heure sans interruption. C’était le vendredi 7 septembre à Forest National.

U2. The Alarm fait trembler tout le quartier avant U2 qui parachève le tout. C’était le dimanche 28 octobre.

Depeche Mode. C’était au temps où on fréquentait le Brielpoort de Deinze. C’était le dimanche 16 décembre.

 

back to 1983 / go to 1985
 
Table des matières

Bashung à la piscine, Arthur et Gaultier en boîte

Thierry Coljon revient sur les souvenirs et anecdotes qui ont marqué ses 30 ans de journalisme musical dans «Le Soir».
Gotainer, Yves Simon et Balavoine ont ouvert la voie en 1983. Un an plus tard, c’est le déferlement, l’invasion des artistes français fuyant, non pas le fisc, mais attirés par le savoir-faire des vidéastes belges et leurs sociétés de production bien structurées et expérimentées. Et des coûts moins élevés bien sûr. William Sheller, Louis Chédid, Jean-Jacques Goldman vont suivre.
Mais avant eux, c’est Alain Bashung que j’ai retrouvé à la piscine d’Etterbeek pour le tournage de « What’s in a bird », sous la direction très aquatique de Jean-Pierre Berckmans. Alain a troqué le perfecto de cuir et les lunettes noires pour un smoking blanc pour se mouiller, entre ondines et nymphettes sub-marines et pingouins volants. Après son album Play blessures gainsbourien incompris, Bashung n’a pas perdu son goût du risque avec un titre qui n’a rien du tube assuré et un scénario de clip bien tordu comme il les aime : « Dans mon album, je parle par l’absurde, me confie-t-il lors de cette première rencontre. Etre plus absurde que le monde, c’est pas facile, ça demande beaucoup de travail. Ce qui m’intéresse dans un clip, c’est le tempo des images. J’aime bien planer en écoutant de la musique, mais si on m’explique trop par l’image ce que c’est, il n’y a plus de mystère. Il ne faut pas tuer l’imagination. »
En vingt ans, on retrouvera huit fois Alain Bashung qui restera un de mes plus beaux souvenirs. Drôle et émouvant, l’artiste sera toujours d’une belle générosité, d’une douceur et d’une humanité exceptionnelles.
William Sheller aussi est quelqu’un de très attachant que je retrouverai avec une belle régularité, entre Paris et Bruxelles où, en cette année 1984, il s’est installé, en exil volontaire dans un appartement proche du rond-point Montgomery. Fâché avec sa firme de disques, en rupture d’une vie sentimentale compliquée, William trouve refuge au Théâtre 140, en solo ou avec son quatuor à cordes belge. Et quand il s’agit de tourner un clip, c’est évidemment à Jean-Pierre Berckmans qu’il pense pour un clip tourné en un seul plan à Bruxelles. Une prouesse technique qui inspirera de nombreux cinéastes par la suite.

Quand Louis Chédid débarque à son tour à Bruxelles pour le tournage de son clip « Hold-up », il tient à le faire en bonne compagnie, avec ses potes Alain Souchon, Claude Brasseur et Gérard Jugnot. Quand je les retrouve tous les quatre autour d’une bière, vous imaginez la bonne humeur ambiante. Quatre gamins en cour de récré. Alain justifie ainsi sa présence : « Comme Louis nous avait demandé de prêter nos voix pour la chanson, c’était normal qu’on joue dans le clip. On n’allait pas lui refuser cela, le pauvre. »
L’ère du clip belge connaîtra son apothéose au premier (et dernier) festival du clip de Saint-Tropez qui me donnera l’occasion de goûter au luxe et à la belle vie, entre jet-setters et starlettes, sans oublier une interview épique, au Byblos, la boîte chicos de St-Trop’, de Jean-Paul Gaultier, adorable président du jury.
Au boulot, on est sérieux (comme quand il s’agit de rencontrer pour la première fois Pierre Rapsat, à Walibi, pour le tournage de « Illusions », début d’une belle et longue histoire entre nous), mais on a aussi le droit de bien s’amuser. En boîte, à des concours de miss t-shirt mouillé ou à des soirées trop arrosées dans des palais bruxellois hantés de belles créatures. Dans ces cas-là, je signe du pseudonyme Arthur (inspiré par le rôle bien imbibé de Dudley Moore dans le film du même nom). Ce qui me laisse tout de même le temps d’écrire sur U2, Madonna ou Michael Jackson. Voire même de titrer « James Last but not Liszt » une interview surréaliste avec le chef d’orchestre allemand, entouré de charmantes jeunes demoiselles. Même si restera surtout en mémoire, au rayon des amitiés, une première rencontre avec Jacques Duvall. Sacré brigand !
THIERRY COLJON

Bonus internet : VINCENT QUITTELIER

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Commentaires

2 réponses à “La playlist 1984 de Thierry Coljon”

  1. Vincent Collin, le 8 juillet 2012 0 h 04 min

    Le clip de Bashung, c’était bien rue de la Natation, non, à Ixelles ?
    Et le réalisateur était-il Berckmans ou Serge Glibert ?
    Une idée d’où retrouver cette vidéo ?

  2. TC, le 9 juillet 2012 10 h 59 min

    @Vincent,
    non, le tournage de “What’s in a bird”, c’était bien à la piscine d’Etterbeek et le réalisateur en était Jean-Pierre Berckmans, de la société Dream Factory…

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