Ce samedi sur la Main Stage, le groupe de Tom Smith n’a pas fait mentir sa réputation de machine de scène. Un peu de pyrotechnie par-ci, un soupçon de romantisme à la Poe par-là et, bien sûr, une plaine noire de monde pour goûter à tout ça : on a encore vécu un vrai concert de clôture, pour le coup. Et même de clôture de festival quand s’est allumé le feu d’artifice…

Les expressions “en terrain déjà conquis” et “un public déjà acquis à sa cause” ne trouveront peut-être jamais à s’appliquer mieux qu’au groupe de Tom Smith. Lequel entretient un lien particulier avec la Belgique, un peu comme ce fut (et c’est toujours) le cas pour Simple Minds. Du côté de Werchter, on précise du coup fièrement qu’en 2008, le concert livré par les Anglais était également le 1000e de l’histoire du festival.

Quant à celui-ci, il ne se présentait pas forcément sous les meilleurs auspices. En avril dernier, la formation se séparait à l’amiable de son guitariste/claviériste Chris Urbanowicz. Communiqué laconique et classique: “C’est avec une grande tristesse que nous avons dû prendre cette décision commune, uniquement motivée par la future évolution musicale du groupe.”

Avec deux nouveaux musiciens dans leurs rangs, les Editors ont sagement opté pour la sécurité: leur set a des allures de best-of, proposé en une heure et quart agrémentée de deux nouveaux morceaux qui ne feront pas tache dans leur répertoire. Ainsi ce “Nothing”, déjà dans toutes les oreilles à en juger par ce refrain qui monte autant de la foule que des baffles flanquant la Main Stage. Quant à “Papillon”, le méga-tube aux sonorités électro-rétro-eighties, il est tout aussi sagement conservé pour le – long – final, accompagné d’un feu d’artifice.

Et Tom Smith dans tout ça ? En Martin Margiela (paraît-il), la voix assurée et impérieuse, toujours démonstratif dans ses attitudes qu’on dirait de poète maudit. Et notamment quand il s’en va au piano chanter “No sound but the wind”. Ou revient se percher au devant de la scène face à la foule. Une foule portée par cette rythmique parfois presque martiale, et des envolées lyriques pour quasi chaque chanson. Les garçons d’Editors renouent avec ce quelque chose d’épique qui existait à l’époque chez un Big Country ou un New Model Army, ensuite chez un U2, et plus près de nous dans certaines compos d’un Coldplay, par exemple. De quoi soulever un stade, aussi facilement qu’Archimède se proposait de le faire à condition d’avoir un point d’appui. Mais pas de quoi s’écrier “eureka!”, même si les programmer, eux, à cette heure et à cet endroit, était d’une logique implacable.

Didier Stiers
(Photo: Thomas Blairon)

 

Setlist
- Sugar
- The racing rats
- Bullets
- Smokers outside the hospital doors
- Eat raw meat – Blood drool
- Blood
- The weight of the world
- Bricks and mortar
- An end has a start
- Munich
- Fingers
- Nothing

Rappels
- No sound but the wind
- Two hearted spider
- Papillon

 

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