And her name is P-a-t-t-i

La demoiselle doit avoir vingt ans à tout casser. A la sortie du HF6, elle m’interpelle : « Est-ce qu’elle a fait « Because the night » ? » « Heu, ben oui… » La fille se retourne alors vers son copain et s’exclame : « Tu vois ! Je t’avais dit qu’il fallait y aller ! » Traduction : Madame voulait écouter Patti Smith, et Monsieur, ça l’excitait tout de suite moins. Il a eu un peu tort parce que « elle » a livré ce jeudi soir un des meilleurs concerts de ce premier jour d’Ardentes.

Un des meilleurs parce que, tout d’abord, agrémenté de quelques-unes de ses nouvelles chansons, extraites de Banga, tout bon nouvel album. « April fool » et autre « Fuji-san » se glissent harmonieusement entre ses textes plus anciens et ses « poems » dits/chantés sans affèterie.

Le brouhaha qu’on entend pendant les passages plus calmes, Patti Smith le perçoit-elle aussi ? On espère que non, même si on se dit que ce n’est pas trop le genre de détail avec lequel elle doit s’encombrer. Il y a chez cette femme ce truc cash, frontal auquel en ces temps de formatage, on n’est plus vraiment habitué. « Le punk, nous résumait plus tôt dans l’après-midi le fidèle Lenny Kaye, son guitariste depuis 40 ans (parle peu mais parle bien), c’est « Tu ne me dis pas comment faire, JE me dis comment faire » ! »

Et voilà clairement la philosophie qu’elle pratique, l’admiratrice d’Arthur Rimbaud. Alors, elle parle de la Terre qu’il faut sauver en tendant les bras vers le public. Imite le chien qui fait office de personnage principal de « Banga », l’une des compos les plus rock du nouvel album, esquisse un vague pas de danse, s’en va toucher quelques mains dans les premiers rangs…

Après « Pissing in a river » arrive le petit miracle auquel la demoiselle évoquée ci-dessus n’aura donc pas pu assister : « Because the night », tout le monde connaît, même la frange la plus « familiale » du public des Ardentes ! Des bras se lèvent, des chopes aussi. « Peaceable kingdom » calme quelque peu l’atmosphère, laquelle se recharge d’émotion dès les premières notes au piano de « Gloria ». Son éternelle cover de Them provoque ici le même effet que « Because the night », au point qu’une fois sortie de scène – il est pile 22h -, le public se met à scander son prénom pour la faire revenir. Mais pas de rappel : pour ce soir, tout a été dit. Intensément.

Didier Stiers

Didier Stiers

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3 commentaires

  1. ANDRE

    6 juillet 2012 à 17 h 55 min

    Patti, une bouffée d’air frais dans la jungle des pitoyables groupes et musiciens actuels !

  2. Mmarsupilami

    7 juillet 2012 à 0 h 26 min

    Plutôt déçu par ce set.
    Et l’impression à lire les commentaires que tout artiste d’anthologie doit nécessairement faire des concerts d’anthologie.
    Bon niveau. Je ne me suis pas ennuyé. Mais guère de grands frissons, non plus!.
    Ceci dit, quelques photos sur mon blog : http://www.mmarsup.blogspot.be/2012/07/patti-smih-aux-ardentes-2012.html

  3. Dubuisson V

    7 juillet 2012 à 13 h 00 min

    Tout à fait d’accord avec l’article de Didier. Mais comme d’habitude, assez régulièrement durant ce concert, je me suis demandé ce que viennent y faire, ceux qui ont provoqué le brouhaha évoqué. Mais cela me fait vraiment chier d’avoir mon plaisir gâcher par ces gens! On dirait qu’actuellement, les concerts sont devenus un endroit où il est devenu indispensable de venir pour y discuter avec ses copains. Il faudra qu’un jour, on m’explique!

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