Great Mountain Fire: sous les synthés, la pop

c La Reine

Great Mountain Fire sortira à la rentrée une version acoustique de son album « Canopy », et, autant le dire de suite, c’est une belle réussite. Le groupe bruxellois en donnera sa version live aux Francos, en attendant d’attaquer l’étranger à la rentrée.

Comment évoluer? C’est la question à se poser pour un artiste. Certains enchaînent les disques qui se ressemblent, d’autres tombent dans l’impasse, et puis il y a ceux qui prennent leur temps, reviennent avec un projet-plaisir dont ils ne tireront pas un kopeck, mais qui leur permet d’ouvrir des portes. Ici, on va donc parler des Great Mountain Fire, et pas seulement pour leurs belles gueules et leurs corps d’athlètes…

C’est aux Nuits du Soir 2010 qu’on les avait découverts, sous le nom de Nestor!. Les Great Mountain Fire ont ensuite sorti un premier album gentiment dans l’air du temps, école Metronomy. Aujourd’hui, c’est avec une version acoustique du dit-album qu’ils reviennent. Un projet mis en place avec le festival français les Nuits Secrètes: « Ils nous ont demandé de jouer un set acoustique. En échange, ils nous ont offert un local pour qu’on puisse enregistrer ».

Le premier intérêt du disque, c’est qu’on est loin d’une banale relecture acoustique. Ici, chaque titre a été repensé, retravaillé en fonction des instruments à disposition et de la contrainte que s’était donné le groupe: « Pas d’électricité, pas d’effet, pas d’artifice, tout à la prise directe, dans la spontanéité ». Du coup, les pépites électro-pop de « Canopy » ont muté en bossa-nova (Breakfast), en ballade piano-voix (Late Lights), en « blues d’esclaves » (Crooked Head – l’instrument principal? Des cailloux dans un seau!) ou encore en longue complainte psychédélique à la cithare (Gipsy Father). C’est brut, direct, intimiste et, on l’aura compris, ça pue la créativité. «On voulait que ça sonne comme si on était au milieu de nulle part. On s’est donc mis en condition, dans cet endroit au milieu de la campagne française, entouré de toute sorte d’instruments acoustiques. Et au final, de cette contrainte est sortie une grande liberté. L’acoustique est beaucoup plus vaste que l’électrique en termes de possibilités».

Spontané, créatif… et pop

En découvrant leur studio de répète, on comprend un peu mieux comment tel disque a pu se faire. Là, éparpillés au milieu des magazines de production, des synthés et des guitares, on retrouve une bizarrerie médiévale irlandaise, une cithare ramenée de Bombay, des percus de tous styles et de tous horizons et, dans une caisse à jouets, des « grenouilles », des maracas, une sorte de cylindre péteur qui donne un effet étouffé à la voix et bien d’autres bizarreries encore… La plupart de ces instruments se retrouvent sur le disque.

Un disque créatif, donc, spontané… et pop. Car derrière toutes ces expérimentations, c’est bien la mélodie qui prévaut, les harmonies vocales, le refrain qui accroche. C’est là la grande réussite des GMF: être parvenus à garder l’essence pop par-delà les expérimentations. Si bien qu’on découvre un potentiel et une profondeur à ces chansons qu’on avait jusque là à peine soupçonnés.

En tentant une dernière fois de nous poser dans ce trou à rats qui sert de salle de répète aux GMF, on tombe sur les mémoires de Geoff Emerick, l’ingénieur du son des Beatles. Un détail qui n’en est peut-être pas un: « On le lisait tous quand on faisait le disque. On citait des phrases de Paul ou John. Parce qu’ils étaient dans une démarche ‘Jardin d’Eden’ ou rien n’a encore été fait. Et c’est tellement stimulant de se retrouver dans une situation comme ça. C’est un peu ça qu’on a essayé de retrouver avec ce disque».

DIDIER ZACHARIE

«Les Phoenix belges?»

Si les GMF vont une nouvelle fois faire la tournée des festivals belges, la rentrée les portera vers l’ailleurs. « Canopy » sortira en France en octobre, sur le label Sober & Gentle (Cocoon) qui jouit d’une distribution Sony. La presse hexagonale n’a d’ailleurs pas attendu la sortie du disque pour s’intéresser aux Bruxellois: Libération et Les Inrocks y sont déjà aller de leurs papiers élogieux, les seconds n’hésitant pas à titrer « Les Phoenix belges? ».

Et puis, il y a la Suisse et les Pays-Bas où « Canopy » est déjà disponible. Avec cette surprise venue de Hollande. «On est passé à Extra Opname, une émission télé fort connue là-bas. Du coup, il semblerait que ‘Late Lights’ soit une sorte de tube en Hollande!».

DZ


Great Mountain Fire, The Model (reprise acoustique de Kraftwerk pour Studio Brussel)


Great Mountain Fire, Late Lights live @ Extra Opname (TV hollandaise)

« The Unplugged Version of Canopy », disponible en vinyle et mp3 en septembre sur le site web du groupe et dans quelques magasins choisis. Le groupe sera en concert acoustique aux Francofolies de Spa le 22 juillet et au festival Les Nuits Secrètes à Aulnoye Aymeries dans le nord de la France le 4 août.

http://www.greatmountainfire.com/

Journaliste lesoir.be

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