Les images de Dour encore en tête, on attendait la pluie puis c’est le soleil qui a accueilli les premiers arrivants à ces dix-neuvièmes Francofolies de Spa. On garde les mêmes et on recommence avec quelques petits changements, du nom des scènes évoluant avec celui des sponsors ou comme le stand de la RTBF qui s’est rapproché du Village. Du coup, l’absence de certains commerçants – échaudés par le temps de ces dernières semaines – laisse plus d’espace et moins d’odeur d’oignons.
Autre innovation
: la remise des «
Spa d’Or
» aux professionnels qui ont œuvré pour la diffusion des artistes de la Communauté. Parmi eux, Patrick Printz, de Wallonie-Bruxelles Musiques, qui accompagne nos artistes à l’étranger tout en accueillant, à Spa et ailleurs, des journalistes et pros étrangers. Le journaliste du «
Devoir
» québécois, Sylvain Cormier, a également été récompensé avec cette sculpture signée Jean-Louis Foulquier. Sylvain adore les Belges pour leurs différences, comme quand ils lui disent devant Johnny Hallyday sur scène
: « Il est con, mais qu’est-ce qu’on l’aime ». Français et allemands ont également été honorés. Lors de la même cérémonie, Micky Rapsat a reçu un disque d’or pour la vente de la compilation de l’artiste dont la phrase orne les «
Spa d’Or
»
: «
Une Communauté qui s’exprime est une Communauté qui vit
».
Dehors, dans le Village, le public dore au soleil et apprécie les premiers concerts. Car la scène Rapsat, de la place de l’Hôtel de Ville, n’ouvre que jeudi. Mercredi en début d’après-midi, les Bruxellois de Coenguen donnent le premier tempo (rock), devant un public encore clairsemé mais bienveillant. Le Français Lescop nous ramène ensuite aux années
80, à Daho, Taxi Girl et Indochine avec une petite touche électro et boîte à rythmes. Encore très sous influence, il promet néanmoins avec des titres comme «
Dans la forêt
» ou «
La nuit américaine
». Les gentils cinglés de The Experimental Tropic Blues Band poursuivent, comme toujours surexcités. Dirty Cocq passe la moitié du concert dans (ou plutôt «
sur
») le public, tandis que Boogie Snake invite carrément son fils (à vue d’œil, trois ans) à le rejoindre sur scène. Bien déjanté.
Après Hudson et son rock bien carré, à la Bikinians (la fantaisie en moins), Anaïs débarque avec son répertoire des années 20 à 40. Mais au contraire de Bruel avec son Entre-Deux, la chanteuse marseillaise réactualise ces vieilles chansons, avec une énergie rock moderne qui faisait plaisir à voir et à entendre. Au même moment, Vincent Liben tente de réveiller le Dôme. Ses chansons sont sombres, mais denses, et le chanteur, accompagné d’excellents musiciens, paie un peu la position assise du public. Qu’importe, il garde son énergie.
De l’énergie, Skip The Use en a transmis une tonne aux Francofolies. Débarqué à Spa «
pour faire les connards avec Shaka Ponk
» (sic) (qui jouera plus tard dans la soirée), le groupe a littéralement fait sauter la scène Ice Watch. Pour remuer le public, «
trop rangé
» à son goût, il l’a fait courir d’un bout à l’autre de l’espace… pour son plus grand plaisir, les festivaliers qui en ont profité pour se mettre à danser. Son ultra-charismatique chanteur Mat Bastard, grand métisse sexy, semblait bien décidé à festoyer jusqu’au bout de la nuit. Et comme plus on est de fous plus on rit.
shaka ponk époustouflant!