La playlist 2002 de Thierry Coljon

“Playlist” : Thierry Coljon retrace ses souvenirs de critique musical au journal “Le Soir”. Editions Luc Pire, 192 pages, 21 euros, en librairie dès le jeudi 15 novembre 2012.

5 albums

Bruce Springsteen, The Rising. Le Boss, inspiré par le Nine Eleven, publie son meilleur album depuis longtemps.
 
 
 
 
 
 
David Bowie, Heathen. Pour lui aussi, il s’agit de son meilleur album depuis longtemps. À la fois aventureux et émouvant.
 
 
 
 
 
Lambchop, It’s a woman. Kurt Wagner, de Nashville, Tennessee, impose un style tout en intériorité dont il ne se départira jamais.
 
 
 
 
 
Norah Jones, Come Away With Me. La nouvelle venue, fille de Ravi Shankar, débarque entre country, soul et jazz et emporte la mise.
 
 
 
 
 
Queens Of The Stone Age, Songs For The Deaf. Qui a dit que le rock était mort ? Avec ce superband californien, il a encore de beaux jours devant lui.
 
 
 

5 concerts


Miossec. À la même affiche que Dominique A, à l’AB le 21 février.

Christophe. Après l’Olympia et Bourges, le grand retour de Christophe passe par le Cirque Royal le 11 mai.
Lee Hazlewood. Au même programme que Lambchop, le 20 septembre au Cirque Royal des Nuits Botanique.

Moby. Le 4 octobre à Stockholm avant Forest National le 10 octobre.

The Cure. The Trilogy Concert, filmé à Forest le 7 novembre.

Principaux articles de cette année-là

David Lynch : Le son est pour lui une passion
Carla Bruni : portrait
Norah Jones : La nouvelle perle
Pierre Rapsat : le feuilleton de sa vie en anecdotes, photos et vidéos
Il y a un an mourait George Harrison : Un Concert for George historique
Le bilan 2002 : Le grand retour de la bonne chanson française
 
 

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Table des matières

Quand Carla et Norah jouent les charmeuses

Thierry Coljon revient sur les souvenirs et anecdotes qui ont marqué ses 30 ans de journalisme musical dans «Le Soir».

Je parlais récemment du plaisir de rencontrer, pour changer, un écrivain. Il s’agissait de Michel Houellebecq. Il en est allé de même avec le réalisateur David Lynch rencontré à Paris pour son premier album, sous le nom de Blue Bob, réalisé en compagnie d’un certain John Neff. Lynch est très différent de l’image que se fait de lui celui qui connaît par cœur ses films sombres, tordus et paranos. Elégant et délicat comme seul un British peut l’être, l’Américain David Lynch est affable, drôle et souriant. « Je suis un homme très heureux, vous ne pouvez pas imaginer », dit-il pour confirmer cette première impression.

Dans un tout autre genre, mais avec un charme encore plus ravageur, c’est un ancien mannequin qui succédera à Naomi Campbell au rayon chansons : Carla Bruni. Tout le monde a craqué pour son premier album et, quand, quelques mois plus tard, elle débarque à Bruxelles, pas un homme ne résiste à cette élégance naturelle doublée d’une envie de plaire à tout prix. Quand je fais la bise à mon collègue Dominique Simonet, elle s’en offusque et réclame également son bisou. C’est tout elle, ça. Je la retrouverai pour son deuxième album, à Paris cette fois, avec la même chaleur, la même décontraction, la même amabilité distillée de sa voix féline. Mais j’étais loin d’imaginer son destin, ni même écrire un jour un livre sur elle en quelques semaines. Pari d’éditeur réussi même si je ne l’ai plus vue depuis.
Une autre femme va me mettre dans tous mes états. Je la découvre dans une toute petite salle, le Club Soda, programmée au Festival international de Jazz de Montréal : Norah Jones. Là aussi, de New York à Londres, elle me charmera sans difficulté dans les années à venir. Tiens, profitons-en pour glisser un petit aparté sur cette ville, Montréal, qui, après Québec, dès 1998, deviendra mon habitude. Que ce soit aux Francofolies (avec Jeff Bodart, la première fois ou au petit-déjeuner avec Magyd de Zebda, qui deviendra aussi un ami) ou au Festival de Jazz, les programmateurs (dont notre ex-collègue du magazine « Voir », Laurent Saulnier) ont le chic pour se montrer créatifs et persuasifs envers les artistes. Quitte à aller rechercher des artistes oubliés (de JJ Cale à Daniel Lanois), quitte à décrocher des exclus (d’Aretha Franklin à Manu Chao en avant-première ou le Cirque du Soleil pour un programme exclusif en plein air), quitte à permettre à Prince de livrer un concert funky exclusivement instrumental.
Beaucoup d’émotion aussi au moment de fêter les 40 ans des Rolling Stones avec la première mondiale, à Boston, de leur Licks Tour. Idem pour mes retrouvailles, à New York, avec David Bowie, pour la promo de l’album Heathen, avant son arrivée au Beach Festival. Un Bowie toujours aussi détendu, parlant de sa vie de famille et de son bonheur à vivre incognito à New York. Comme s’il avait déjà en tête d’imiter un jour Goldman et d’abandonner albums et tournées.

Emotion encore avec la mort de Pierre Rapsat qui secouera toute la Belgique francophone, sans imaginer que dix ans plus tard, je deviendrai son biographe.

Et, pour terminer, émotion qui me fait encore dresser les poils quand je me souviens de Paul McCartney, devant Ringo Starr à la batterie, dire, en ce concert hommage à George Harrison, au Royal Albert Hall, quel effet cela lui fait de se retrouver à côté de Dhani Harrison, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son père dans les années 60.
THIERRY COLJON

Bonus internet : VINCENT QUITTELIER


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1 commentaire

  1. Karine Mode

    24 juillet 2012 à 16 h 25 min

    Merci pour le partage j’aime beaucoup !! ;-)

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