Le carnibal de Ronquières

En fin de première journée, Ronquières hésitait entre rap, pop-rock et électro. Une affiche disparate qui a eu raison de la motivation des festivaliers.

Après Soldout, retour au calme à tribord avec Ozark Henry. Le groupe, emmené par Piet Goddaer, avait beau posséder une setliste parfaite, l’ambiance n’y était pas. Enchaînant tubes de la première heure et extraits de Hvelreki, Ozark Henry n’a pas su réveiller les passagers, sans doute trop occupés à se demander pourquoi le batteur jouait derrière des murs de plexiglas. « Pour optimaliser le son » nous répondra-t-on plus tard.

On ne s’attarde pas plus, voilà venue l’heure de se rendre à bâbord où l’attendu Peter Doherty va passer à l’abordage. Et c’est avec quatre minutes d’avance que le rockeur entrera en scène devant une foule de curieux et de fans. Un public pas toujours d’accord donc. Les uns sont venus voir le phénomène tabloïd, les autres sont là pour sa musique. Seul en scène avec sa guitare et son harmonica, Peter Doherty s’enferme dans sa bulle et puise autant dans son répertoire solo que dans ceux de Babyshambles et The Libertines. Quand il tente de s’adresser au public, c’est à n’y rien comprendre, on se contentera donc d’écouter ce qui l’inspire sur le moment. Car l’Anglais n’a pas de setliste, c’est à ce qui lui vient en tête en premier lieu. Les fausses Amy Winehouse et les rockeurs à chapeaux présents dans le public sont les premiers à s’époumoner sur « Can’t stand me now », « Fuck Forever » ou encore « Time for Heroes ». Dommage que Doherty change les paroles ou nous fournit un yaourt incompréhensible. Avec quelques fausses notes vocales par-ci et quelques faux pas à la guitare par-là, le rockeur n’a pas exactement livré une prestation magnifique. Le public ne lui en a pas tenu rigueur. « Au moins il est venu », entend-on de toute part.

Aucune fausse note à tribord pour Caravan Palace. L’électroswing des Français a convaincu Ronquières. Requinqués, les festivaliers se sont déhanchés au rythme entraînant de Caravan Palace. Pourtant, ce n’est pas suffisant pour Zoé. La chanteuse interpelle la foule : « Vous dormez ou quoi ? On nous avait dit qu’en Belgique, c’était la folie ! » Même son de cloche à bâbord avec la bande à JoeyStarr. Le rappeur et ses acolytes passeront leur concert à houspiller la foule et tenter de réveiller un public quelque peu endormi. Après avoir livré quelques perles de son «Egomaniac », JoeyStarr décide de « punir »les festivaliers. Ce sera donc « Carnibal » pendant près d’un quart d’heure. Le principe ? Bouger de gauche à droite sous les indications du rappeur. Les quinze minutes restantes, le public les passera donc à valdinguer de gauche à droite de la scène bâbord. Une danse que les passagers du Ronquières Festival répéteront à nouveau pour Soprano.

Espérons que Party Harders réveille quelque peu Ronquières pour une seconde journée sous le soleil.

Maïlys Charlier


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