La playlist 2008 de Thierry Coljon

“Playlist” : Thierry Coljon retrace ses souvenirs de critique musical au journal “Le Soir”. Editions Luc Pire, 192 pages, 21 euros, en librairie dès le jeudi 15 novembre 2012.

5 albums

The Last Shadow Puppets, The Age Of The Understatement. Le mariage réussi d’un Arctic Monkeys (Alex Turner) et d’un Rascals (Miles Kane).
 
 
 
 
 
Vampire Weekend, Vampire Weekend. À New York, la danse se fait africaine chez les enfants de Talking Heads.
 
 
 
 
 
Portishead, Third. Le retour réussi du trip-hop de Bristol.
 
 
 
 
 
 
Bon Iver, For Emma, Forever Ago. Le folk intimiste de Justin Vernon vaut bien celui de Department Of Eagles.
 
 
 
 
 
 
Alain Bashung, Bleu pétrole. Bashung à son sommet avec ce chef-d’œuvre sans lendemain malheureusement.
 
 
 
 

5 concerts


Cali. Toujours aussi fou mais à l’AB le 26 mars cette fois.

Adele. Au minuscule Théâtre Saint-Bonnet, au Printemps de Bourges, une Adele pas encore star.

Alain Bashung. La perfection à l’état pur, le 22 mai au Cirque Royal.

Leonard Cohen. Son grand retour sur scène passe par le Minnewaterpark de Bruges, en plein air, le 10 juillet.

Africa Express. Damon Albarn et ses invités (-M-, Flea, Amadou & Mariam…) au Koko de Camden, à Londres, le 22 octobre.

Principaux articles de cette année-là

R.E.M. : la rencontre avec Michael Stipe qui vient d’apprendre le décès de son ami Heath Ledger
Henri Salvador : Un lion est mort ce soir
Adieu Jeff Bodart : Du vélo sans les mains
Marc Moulin, musicien, homme de médias, touche-à-tout de génie
3MA : Maroc, Mali et Madagascar mariés par 3 magiciens
Mike Oldfield : Un classique au musée
 
 

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Table des matières

De New York à Bruxelles, la mort a beaucoup rôdé

Thierry Coljon revient sur les souvenirs et anecdotes qui ont marqué ses 30 ans de journalisme musical dans « Le Soir ».
Dès le mois de janvier, la mort a frappé en plein reportage new-yorkais qui ne devait qu’être un moment délicieux puisqu’il s’agissait de retrouver, par un temps froid mais ensoleillé, les trois membres de R.E.M. à leur hôtel Tribeca Grand. J’ai droit à un quart d’heure par musicien, en commençant par Peter Buck. Au moment de franchir la porte de la suite de Michael Stipe, j’apprends qu’il demande à tout arrêter et rentrer chez lui.
Avant d’en savoir plus, on me fait entrer chez Mike Mills. Après cela, le manager Bob Wittaker, qui heureusement se souvenait de moi sur la tournée Vote For Change à Philadelphie, me demande si on peut reporter l’interview, Michael venant d’apprendre la mort de son ami l’acteur Heath Ledger. Pas de chance, je reprends l’avion le soir-même. Bob va parlementer avec Michael qui, in fine, accepte de nous parler, l’air hagard, la mine défaite, les yeux encore humides. Rarement interview fut plus intime et émouvante. Chapeau au grand professionnel qu’est le chanteur de R.E.M. En sortant, je remonte deux rues pour passer devant le domicile déjà fleuri d’Heath Ledger qui sera oscarisé à titre posthume pour sa prestation de Joker dans The Dark Knight.
Le mois suivant, c’est au tour d’Henri Salvador de nous quitter. Mais cela me fera évidemment moins de peine que la perte, à quelques mois d’intervalle, de deux amis : Jeff Bodart et Marc Moulin. Deux proches, deux fidèles. Deux personnalités très différentes bien sûr mais en même temps tous les deux si généreux et attentionnés. Drôles et émouvants. Tellement différents de ces artistes qui ne pensent à vous ou vous appellent que pour avoir un article les concernant.

Cette année 2008, heureusement, n’a pas été que sombre. Même si l’affaire dEUS nous a pourri la vie au printemps, sans pour autant altérer notre bonne entente avec Tom Barman ceci dit. Le projet 3MA, d’Agadir à Ouarzazate au Maroc, me réchauffera le cœur avec de nouvelles rencontres, des gens passionnés se battant pour affirmer leur culture (amazigh en l’occurrence) et ne comprenant dès lors pas que la petite Belgique puisse se déchirer ainsi.

Plus étrange sera ma rencontre avec Mike Oldfield. C’est la première fois qu’on me demande, avant l’interview à Bilbao, et de façon écrite, tout à fait officielle, de ne pas inclure le terme « pourquoi » dans mes questions. Je crois à un gag, je fais le test et bien non : le compositeur de Tubular Bells ne rigole pas. Il est bien fêlé…
Mais finalement, ma plus belle rencontre, cette année-là, ne sera pas musicale puisqu’il s’agit de Paul Auster, Visiteur du « Soir ». Me sachant fan de la première heure de l’écrivain new-yorkais, Béatrice Delvaux m’invite avec lui pour déjeuner au Café Bota, en toute décontraction. Apprenant que je suis avant tout chroniqueur musical, Paul est tout heureux de parler de sa chanteuse de fille, Sophie Auster, dont la maman n’est autre que l’écrivaine Siri Hustvedt. Je lui parlais bouquins, il me parlait musique. Une vraie rencontre, qu’on vous dit !
THIERRY COLJON

Bonus internet : VINCENT QUITTELIER


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