posté le 3 août 2012 |
catégorie LES FESTIVALS, les news
Esperanzah, clap, onzième ! Nonobstant un petit lifting, le festival toujours joliment installé à l’abbaye de Floreffe ne renie pas ses engagements. Thème de l’édition 2012 : la justice climatique. Ce vendredi après-midi, personne n’a eu à se plaindre de la météo. Et certains artistes ont milité pour leur cause.
Emel Mathlouthi ? Une chanteuse tunisienne à l’univers bien personnel. Dans lequel se mélangent atmosphères trip hop, basse et violon aux accents orientaux, batterie et percussions, scratches discrets et petits inserts électro. A sa manière, elle a pris part à la révolution dans son pays ; c’est notamment celle-ci qu’évoquent ses chansons. Parfois un peu convenues, alors que d’autres ne manquent pas d’intensité dramatique, ou réussissent le mariage entre deux cultures musicales.
Samedi passé, elle se produisait au Sfinks, près d’Anvers. « On m’a dit qu’ici, l’accueil ne serait pas aussi bon », plaisante-t-elle après avoir annoncé un petit moment d’intimité avec le public de Floreffe. Le temps d’une reprise de Leonard Cohen. Elle laisse s’éteindre les quelques huées amusées, puis entame – qui l’eût cru – l’éternel « Hallelujah ». Un léger vibrato donne de la couleur à sa voix. Sur les pelouses, le refrain est évidemment repris par des dizaines de chœurs improvisés. Au Sfinks, cette cover lui a valu une standing ovation ; ici, le public était déjà debout !
L’artiste, que la guitare acoustique n’empêche pas de danser, est elle aussi militante. Une « protest singer à la voix de jasmin », lit-on sur le site de World Village, distributeur de son premier album, Kelmti horra. De fait : concluant son passage sur la scène d’Esperanzah, elle dédie son dernier titre aux réfugiés palestiniens victimes il y a peu de tirs de mortier dans le camp de Yarmouk, près de Damas. A Esperanzah, il n’y a pas que les organisateurs qui s’engagent…
Didier Stiers
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