Esperanzah, c’est aussi du dépaysement garanti. C’est entendre, par exemple, monter les sons mystérieux et ancestraux du didgeridoo entre les murs de bâtiments qui ont plus souvent vibré au bruit des cloches. Le temps d’un concert sous la pluie, Xavier Rudd a emmené une bonne partie des festivaliers de l’autre côté du globe.

Ceux qui comptaient sur le reggae pour être transportés loin en cette fin de première journée en sont pour leurs frais avec Winston McAnuff. A moins bien sûr d’écouter le Jamaïcain en consommant quelques produits… heu, dopants. Enfin, « dopants »… Plus sérieusement, avec son orchestre emmené par une vieille connaissance, Camille Bazbaz (ex-Cri de la Mouche), il est juste parfait pour accompagner l’apéro, mais tout ça reste quand même classique de chez classique.

La destination proposée par Xavier Rudd est autrement plus lointaine. Le musicien australien, singer-songwriter originaire de Torquay dans le Comté de Victoria, est un véritable homme orchestre. Un peu le Rémy Bricka de Down Under, mais alors en moins rigolo. N’empêche, il faut le voir, en short, assis, guitare posée à plat sur les genoux, soufflant dans son harmonica ou ses troncs d’eucalyptus, et tapant du pied sur sa « stomp box » pour assurer la rythmique… Notez, le public ne semblait demander que ça : la pluie a fait son apparition sur le coup de dix heures et des poussières – on n’est décidément jamais tranquille –, mais percussions tribales aidant, elle n’a pas refroidi toutes les ardeurs.

Xavier Rudd n’est plus un inconnu à Floreffe : il s’y est déjà produit en 2008. Rien d’étonnant donc à entendre dans le public des voix reprendre, dans ce croisement de folk et de musiques traditionnelles, des bouts de « Messages » ou les « I want to be free now » et « Oh oh, free to see » de « Let me be », un modèle de chanson participative. Du moins, pour ceux qui tiennent bon sous l’ondée.

Didier Stiers
(Photo : René Breny)

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