Veni vidi Iggy

Des vieux qui ont encore de beaux restes, on pensait les avoir entendus avec les Stranglers, le temps de leur prestation sous les fenêtres du Palais, dimanche soir… Sauf que ça, c’était avant qu’Iggy Pop ne déboule ! Ce mec a 65 balais, mais filez-lui un micro et poussez-le sur scène : il en fait tout de suite quarante de moins. Du coup, peu importe ce qu’on dit de l’affiche du BSF et du concept de ce festival urbain ; avec l’Osterberg, hier, on a juste vécu un grand moment de rock’n’roll !

Il y a des jours comme ça où on sait, où on sent qu’il va se passer un truc. Voilà trois soirs ou presque que le BSF ronronne tranquillement (pour près de 50.000 personnes en ce premier week-end, ont calculé les organisateurs), et paf, il suffit d’un Iguane survolté, torse nu et rappelant à tout le monde qu’il ne faut pas lui dire quoi faire (« Raw power ») pour transformer la digne place des Palais en antichambre du Grand Bordel.

Aucune accalmie avant la fin du set, ni sur les planches, ni sur le pavé bruxellois. Les lieux sont noirs de monde : pas besoin de se casser la tête pour deviner qui de l’affiche était le plus attendu. Alors, dans les premiers rangs, ça remue dès la seconde initiale. Les plus impatients sont déjà… sur scène ! Une camarade qui concrétisait ce soir le rêve de sa vie – aller « le » voir en vrai pour la première fois et, obligé, depuis tout devant – va rentrer chez elle contusionnée d’un peu partout…

Sur scène, animé par les frappes monstrueuses de Larry Mullins (remplaçant, comme en 2011, un Scott Asheton malade), Iggy Pop enchaîne sans temps morts. « Gimme danger », « 1970 », « Fun house »… Jette son micro par terre, se contorsionne, nargue, goguenard et facétieux. « I wanna be your dog » ? Le voilà parti gueuler sous le nez d’un flic dans le frontstage. Manifestement, l’agent a dû décrocher le prix de l’impassibilité à l’école de la maréchaussée, vu sa tête de mec pas là pour s’amuser. Mais nous étions prévenus : ce dimanche, c’est « fuck the police » et tout le toutim.

Pas grave donc, on s’amuse comme une majorité du public. Le son reste sale mais claque encore autant. Les plâneries salaces à la « We will fall », ce sera pour une autre fois. Et Iggy, à l’heure des rappels, ne nous ramène toujours pas son avatar chanteur de charme. Tant mieux ! A la place, il continue à faire la leçon, chose qu’on écrivait déjà en 2007, aux débuts de ce blog ; ce type est increvable !

« Penetration », « No fun »… Le micro tournoie au bout de son câble. « Bonne swowée ou… fuck off ! » Mais la place des Palais en veut encore. Et le Pope of Rock est content, même quand il cause comme BJ Scott : « Je suis Belgique, baby ! » Après « The passenger », petite incursion dans sa discographie en solo, un ultime coup de reins et une dernière bordée (« Cock in my Pocket » avec retour dans le frontstage, « Louie Louie » et « Your pretty face is going to hell ») achèvent le travail. Real cool time, en effet.

Didier Stiers
(Photo : Thomas Blairon)

 

Didier Stiers

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7 commentaires

  1. Vincent

    13 août 2012 à 13 h 56 min

    Point de Scott Asheton hier soir. Il est malade et a fait l’impasse sur la tournée d’été en Europe. C’est Larry Mullins qui le remplaçait à la batterie. Et de très belle manière (très solide)!

  2. ds

    13 août 2012 à 14 h 49 min

    De fait : Larry Mullins, alias Toby Dammit !

  3. hunky

    13 août 2012 à 14 h 57 min

    Je dirais même plus..; Scott Asheton est absent depuis juin 2011.
    Ce qui n’empêche qu’il est à chaque fois félicité dans toutes les comptes rendus des shows des stooges depuis juin 2011 sans être sur scène…
    Y’a que les spécialistes musiques de la presse qui sont pas au courant.
    Sinon c’était énnnnnooooorme !

  4. Jacob

    13 août 2012 à 15 h 53 min

    On dirait qu’on lui a verser de l’acide …
    Il aurait quand même du porter un t shirt !

  5. Vince

    13 août 2012 à 16 h 50 min

    RHAAAAAAAAAAAA ! Iggy sur la place des palais. Fallait pas manquer ça !

    Je l’ai vu mainte fois… mais là cela faisait 13 ans que je ne l’avais plus vu… Certes il a la pêche, certes, il a la rage, certes il a toujours l’énergie et la voix comme il faut… Mais l’Iguane a malgré tout 65 ans de “Fucking” Live… et il est marqué… Il ne peut plus sautiller 2 heures durant, son torse “ex-musclé” accuse le poids des ans et les chairs se relachent… Un “p’tit T-Shirt” juste au corps nous cacheraient les bourelets de l’âge. Bref, un choc malgré tout de voir un mec – normalement à l’âge de la pleine retraite – se défouler comme il se doit… Mais il se fait vieux… et moi avec, bien sûr… Merci Iggy pour ce grand moment de RnRoll… Que tous les p’tits groupes “hargneux” essaient seulement de durer 40 ans !!!!

  6. Christophe

    16 août 2012 à 16 h 26 min

    ‘Cock in my Pocket’, ‘Penetration’ … ouuuuhhhh oui dis moi qu’tu m’aimes !!!

    Iggy & the ‘fuckin’ Stooges comme d’hab’, hum … c’est quoi l’mot déjà ? Ah ouais : cathartique !!!

    Salut à vous amis Stoogiens !

    Christophe
    http://christophe95.skyrock.com/

  7. Sheena J.Galan

    25 juin 2013 à 18 h 29 min

    Amis, amateurs et musiciens, venez decouvrir le titre « Private Parts » qu Iggy Pop introduit en personne dans l album éponyme de Demi MOndaine. Texte écrit en 1969, et qu’il a offert au groupe . Un morceau inédit donc, la voix prend toute son ampleur. Toute l’énergie jouissive prend son envol. Portée par une musique saisissante,. Putain ça fait du bien. L’équilibre est bafoué. Ça joue avec les parties stridentes et les ruptures. Les envols et les crashs.
    Sheen
    ->https://www.oocto.com/demi-mondaine

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