Quand Jason Lytle exhume avec succès grand-papa et ses vieux tubes.

La première fois qu’on l’a vu, on s’en souvient. C’était à ce même Pukkelpop. Il y a quatorze ans. En août 1998. Grandaddy est déjà repassé par deux fois sur la plaine de Kiewit (c’était en 2003 et 2005) mais on ne s’imaginait plus revoir Grandpapa à sa mort, confirmée par Jason Lytle le 27 janvier 2006. L’homme à la casquette l’avoue. S’il a ressuscité le vioc, « l’argent a été un facteur motivant. Pour refaire le sol de mon terrain de tennis intérieur, changer l’huile de mon 4×4 Ferrari (Jason a toujours eu le sens de l’humour) mais l’idée de rejouer et de glander ensemble nous rendait follement enthousiastes, » peut-on lire sur internet.

« On s’est demandé si ce n’était pas un projet à la con. Mais vous nous démontrez que non, » adresse-t-il au public nombreux et conquis sous la chaleur du Marquee. D’El Caminos in the west à He’s Simple, He’s Dumb, He’s The Pilot, Grandaddy est parfait. La voix de Lytle est toujours aussi touchante. Alors que les vidéos, courses de motos et autres extraits plus rigolos, défilent un temps en arrière, on se dit que c’est ce que font les quatre Américains. Ils rembobinent. Voyagent dans le passé et partagent ce qui lui a pour le moins bien survécu. Leurs chansons. En quinze ans et quatre disques, Papy (ne vous méprenez pas, Jason n’a que 43 piges) a marqué les esprits avec cette merveilleuse indie pop à la fois sautillante, surannée et mélancolique.

The Crystal Lake et Hewlett’s Daughter du Software Slump. Stray Dog and the chocolate shake et Now It’s on de Sumday. Puis surtout, les tubes nineties AM 180 et Summer Here Kids… Le coup dans le rétroviseur fait plus que plaisir. Il est à la fois musicalement convaincant et extrêmement touchant. Peut-être pas pour longtemps mais Grandaddy a ressuscité et on est content de le revoir. (J.B.)

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