C’est Bob qui conduit

Et Bob Mould conduit vite ! Si c’est pour échapper à quelque chose, on ne sait pas de quoi il s’agit. Mais ce n’est certainement pas son passé : au Pukkelpop, ce samedi, il en termine avec le volet européen de la tournée anniversaire de Copper blue. Il y a 20 ans en effet que sortait ce disque pondu avec son groupe d’alors, Sugar.

Allez, zou, encore un qui succombe à cette rétromanie diagnostiquée par le journaliste Simon Reynolds. Rejouer un album complet, dans l’ordre des morceaux, il n’est pas le premier, effectivement. Cela dit, l’ancien Hüsker Dü boucle son set avec une petite incursion dans Silver age, sa nouvelle galette annoncée pour le mois prochain. Du coup, ça corse un peu l’affaire. Et constat : deux décennies plus tard, la guitare lui va toujours aussi bien !

Bon, mais refaire tout Copper blue, l’album qu’il a le plus vendu çà ce jour, est-ce « A good idea » ? Bob Mould répond oui en trio, la gratte en avant, acérée, qui déchire tout. Derrière lui : un batteur, Jon Wurster (Superchunk), qui a dû suivre quelques cours chez Dave Grohl. A la basse, on retrouve Jason Narducy (Spl:t S:ngle, Verbow), dans le même ton : les titres sont enchaînés, pied au plancher.

Au troisième (« Change »), on se dit que justement, ils vont changer… de tempo. Sous peine d’y rester. Mais non ! Bob ne bricole pas en route. Mould a la frite. Il ne lui faut qu’une fraction de seconde pour boire un coup. Le passage plus atmosphérique qui introduit « The slim » lui permet peut-être de rependre son souffle, mais la voix ne donne aucun signe de faiblesse. « If I can’t change your mind » : le tempo s’accélère à nouveau pendant que dans le frontstage, on continue à distribuer de l’eau. Le Marquee est un four, il fait même plus frais dehors !

Jusque-là, l’homme n’aura pas dit un mot à l’attention du public. Après le final « Man on the moon », il le remercie enfin. Se présente, fait de même pour ses deux musiciens, rappelle que le disque est sorti il y a vingt ans et annonce l’arrivée de Silver age. Et d’ajouter : « C’est un album de rock ! » Il en joue encore trois extraits, dont le premier single : « The descent »… aussi nerveux que « The act we act ». Prometteur.

Didier Stiers

Didier Stiers

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