Au Pukkelpop, le Tallest Man on earth prend de la hauteur et Greg Dulli (The Afghan Whigs) regarde dans le rétroviseur.

Je ne sais pas quoi mais il y a un truc entre le Pukkelpop et le Tallest Man on Earth. En 2010 déjà, Jens Kristian Matsson avait bluffé tout son monde. Le formidable The Wild Hunt sous le bras, le Bob Dylan suédois avait chassé sur les terres de Blonde on blonde au milieu de festivaliers forcément ébahis devant cette voix nasillarde et ces petites chansons dignes du Zim encore gamin qui arpentait les rues du Village. Rebelote au Club vendredi soir. There’s no leaving now, le nouveau album du troubadour, n’est pas aussi renversant que son prédécesseur mais il n’a rien de déshonorant non plus. Et le Tallest Man sur scène a une présence dingue. Les folkeurs et plus généralement les singers songwriters ont souvent l’impression de devoir étoffer leur son et tourner avec une chiée de musiciens pour pouvoir grandir et avoir de la gueule dans des salles comme l’Ancienne Belgique. Matsson est la preuve vivante et scandinave que ce n’est pas nécessaire. Qu’on peut très bien s’en sortir tout seul devant plusieurs milliers de personnes avec sa gratte et de bonnes chansons. “Love is all”, “The Gardener”, “I won’t be found”, “King of Spain”… Le garçon est équipé. Le public réceptif. Médusé.

Pour le coup, faut faire une croix sur la première partie du concert d’Afghan Whigs. Tant pis pour “Crime Scene Part 1″, “What Jail is like” et “Gentlemen”… Les deux morceaux enregistrés depuis la reformation, “See and don’t see” (leur première nouvelle chanson en 5 ans) et la reprise du “Love Crimes” de Frank Ocean, disponibles en téléchargement gratuit sur le site du groupe, se suivent. L’enchaînement “Going To Town” – “Debonair” a de la gueule. Le son pète. Les grattes claquent. La voix de Greg Dulli en impose. Bien mieux qu’au Primavera en juin dernier. De quoi se laisser embarquer pour le milieu des années 90. Ressortir Black Love et Gentlemen. Respect. (J.B.)

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