Un Pukkelpop Foo Foo Foo

Le festival limbourgeois s’est achevé dans la nuit de samedi à dimanche, notamment par le concert ultra attendu comme fort applaudi de Dave Grohl et de ses Foo Fighters. Le thermomètre s’est affolé trois jours durant, sur une plaine de Kiewit pauvre en ombre, mais également sous les chapiteaux !

Cette 27e édition du Pukkelpop, avec 211 groupes et artistes à l’affiche (dont 57 belges), fut celle de la fête retrouvée, mais aussi, inévitablement, de l’émotion.

« L’année passée, nous étions sur la route pour venir ici quand est arrivé un coup de téléphone nous prévenant qu’il s’était passé quelque chose de grave. Alors nous avons attendu… jusqu’à aujourd’hui. » Au bout d’une dizaine de titres d’une prestation jusque-là tonitruante, entamée avec « White limo » et « All my life », Dave Grohl interrompt le set des Foo Fighters. Évoque la tragique tempête de 2011. Et dédicace sobrement « These days » à « ceux qui ne sont pas là ce soir » Sur les grands écrans : des images des premiers rangs, surmontés de quelques ballons, blancs pour les uns, en forme de cœur pour d’autres.

Les Foo Fighters font partie des invités de l’édition 2011 qui n’avaient évidemment pu y jouer et qui ont accepté d’en être à nouveau cette fois. Ils comptent également parmi les plus gros contributeurs au fond de soutien aux victimes mis en place après la catastrophe. Pas besoin d’en dire plus pour saisir l’émotion ressentie, exprimée dans ces applaudissements montant de partout, y compris ceux des bénévoles s’arrêtant pour écouter le commentaire de Dave Grohl. Cela dit, le bonhomme n’en assure pas moins le show, jusque dans les coulisses où il est filmé faisant semblant d’hésiter à revenir pour les rappels !

Tout aussi touchante est la minute de silence demandée ce samedi, un peu plus tôt dans la journée. Certes, elle avait été annoncée, mais de là à imaginer que dans le contexte d’un festival, à 18h10 précisément, elle soit à ce point totale… Or, c’est exactement ce qui se passe dès l’intervention du « public address » : en une fois, plus aucun bruit ne monte du site, ni même de la route toute proche !

Si ce Pukkelpop devait inévitablement être celui d’une certaine émotion, il n’en est pas moins aussi resté festif et musical. Enfin, pas exactement pour tous : il y a tellement de peuple devant les Foo Fighters que c’est morne plaine pour Wilco, programmé au même moment sous le Marquee. On n’a jamais vu aussi peu de monde à un concert de Jeff Tweedy ! La musique des Américains aime les grands espaces mais tout de même… « I’m the man who loves you », entonne-t-on avec le gang de Chicago, histoire qu’il se sente un peu moins seul.

Au moins, on respire ! Ce qui a par moments été franchement difficile pendant ces trois jours de musique, de riffs, de beats, de bière et de crème solaire. La faute à la haute fréquentation (63.000 festivaliers jeudi, 60.000 vendredi et 66.000 samedi) ainsi qu’à la chaleur (jusqu’à 36°C sur le site). Mais aussi à des excités comme les rockeurs suédois de The Hives et les rappeurs californiens d’Odd Future (OFWGKTA). Les uns comme les autres jouent à l’énergie. Howlin’ Pelle Almqvist et ses droogies (ben oui, il ressemble toujours un peu à Alex d’Orange Mécanique) font le garage en costard. Tyler The Creator et sa meute balancent leurs beats et leurs flows anxiogènes made in Los Angeles en bermudas. Bien plus excitants, à l’image de leurs voisins Ceremony, que des Black Keys assagis (et plébiscités) ou qu’un Stephen Malkmus (Pavement) en roue libre.

Rendez-vous l’année prochaine ? Le Pukkelpop 2013 débutera le jeudi 15 août !

Julien Broquet et Didier Stiers
(Photos : Thomas Blairon)

Didier Stiers

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