The K : le clip de sauvage !

Lauréat du Concours Circuit division « rock dur », The K déboulait – le premier qui dit « sauce lapin » rejoint au camp  les deux Pussy Riot -, The K donc déboulait en mai avec un album entre punk et noise. Album conseillé ! Pour l’heure, voilà le clip…

Avec ce tournage illustrant « Essential Chippendale », extrait de son album My flesh reveals millions of souls, le groupe liégeois célèbre la Toussaint à sa manière : gnons, pognon, éjaculations et crucifixion plutôt que pomponette et encensoir fumant.

Le clip en question est signé par des garçons dont nous avons déjà eu l’occasion de parler ici. Souvenez-vous, Sauvage Sauvage, l’appellation pas contrôlée derrière laquelle ils se cachent, c’est autant de la série Z rigolote pour Miam Monster Miam (« Charleroi 2035 ») que du collage comics sauce bbq pour The Experimental Tropic Blues Band (« The best burger in town »).

Mais oubliez les filles, les bovins, les bagnoles et le clin d’œil savoureusement kitsch à Kubrick ! Avec The K et « Essential Chippendale », on change radicalement de style et d’atmosphère. La couleur s’efface au profit d’un noir et blanc expressionniste, le second degré fait place au direct dans l’estomac.

Tout ça valait bien une petite interview. Propre sur elle, l’interview, of course ! Et c’est le réalisateur, Raphaël Parmentier qui s’y est collé…

Le choix du noir et blanc est-il purement esthétique ?
Esthétique et symbolique. Le noir et blanc est plus solennel. L’intention est vraiment de mettre les pieds dans le plat à propos d’un sujet sérieux. Pourquoi sommes-nous violents ? Et pourquoi avons-nous besoin de reporter cette violence sur l’Autre ? Ce clip met en scène quatre tableaux en rapport avec la violence : la violence physique, l’humiliation, l’addiction forcée et le dogme du pouvoir.

Sexe, fric et religion : vouloir illustrer ça, sur papier, ça fait de prime abord un peu « cliché ». Pourquoi n’est-ce pas le cas ici ?
C’est cliché, on n’a aucun problème avec ça, mais ça n’en n’est pas moins important. Ce clip parle vraiment de ces grandes choses qui font de nous des petits moutons. Que ce soit cliché ou pas, déjà vu ou pas, on le fait juste parce qu’on a envie d’en parler. Les clichés comportent une bonne part de vérité, qu’on le veuille ou non, ces trois grands clichés régissent une bonne partie de nos vies. Il faut juste veiller à ne pas faire de raccourcis. Ce n’est pas forcément simple à comprendre, mais nous sommes autant différents que « tous dans le même sac ».

Qu’est-ce qui fait la « griffe » Sauvage Sauvage ?
Au niveau cinématographique, nous nous adaptons avant tout au style des groupes avec lesquels nous travaillons, nous sommes des caméléons mais nous essayons toujours d’y glisser un vrai sujet. Nous faisons beaucoup de recherches, nous nous donnons beaucoup de mal pour trouver du contenu. Bref, nous n’aimons pas faire du vent ! Au niveau humain, ce qui nous rassemble (les « sauvages »), c’est l’envie de se bouger, de foncer dans le mur, d’ouvrir des portes et de faire ça ici, à Liège. Enfin, techniquement, c’est le Do It Yourself. Nous sommes des bricoleurs.

Didier Stiers

Didier Stiers

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1 commentaire

  1. Snakepit

    30 octobre 2012 à 10 h 15 min

    Quoi qu’on pense du clip par ailleurs, “My flesh reveals millions of souls” est un album hautement recommandable et les performances live de The K. sont toujours un moment splendide. C’est fun, c’est résolument punk dans l’esprit, ça ne se prend pas au sérieux et ça fout la pêche!!
    Les p’tis liégeois à suivre, sans aucun doute.

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