Des clips et des claques

Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien ingurgiter au p’tit déj’, tous ces Liégeois pour ne jamais s’arrêter ? Il y a peu arrivait sur la Toile la première vidéo du groupe The K ; voilà que The Experimental Tropic Blues Band nous en propose une, suivie par une autre de Piano Club.

The Experimental Tropic Blues Band, donc… La dernière fois que le trio a voulu se faire clipper la binette, c’était par Sauvage Sauvage pour les besoins de son single, « The Best burger ». Pour l’heure, il a jeté son dévolu sur « Keep this love » et confié le boulot à la Film Fabrique, par le passé déjà responsable des visuels de  « Rene the renegade » et  « Those dicks », mais aussi initiatrice du festival Clip That Beat. Résultat ? De l’exotique et du chameau, du sable du désert plein les santiags, du keffieh et du thé à la menthe. Ou, comme l’écrivait le chroniqueur de Libération : « Quand le printemps arabe se transforme en summer of love ». Mais, dieu merci (le premier qui dit « Mbokani » sera puni d’une coupe mulet), dieu merci donc, toujours avec la touche d’humour !

Liège encore, mais cette fois dans un style plus pop, électro et synthés… En guise de prélude à leur second album annoncé pour février de l’année prochaine, les garçons de Piano Club se fendent d’un ep 6 titres : Ain’t no mountain high, c’est ainsi qu’il s’intitule, sort ce 9 novembre (distribution Rough Trade). Et, pour Anthony Sinatra & co, il est également question de clip, en l’occurrence une vidéo bien psychédélique qui en illustre la plage titulaire.

L’ep, idéal pour qui aime pédaler dans les nuages, avec ou sans les petits lapins chers à Thiéfaine, comprend cinq autres compos, parmi lesquelles « Across the streets », vraie caresse pour l’oreille, et « Long time no see » aux accents un peu beatlesiens. Avis aux collectionneurs et fétichistes du vinyle : Ain’t no mountain high existe également en picture disc. Édition limitée est-il besoin de le préciser ?

Les dates des showcases de Piano Club.

 

« Un truc assumé »

Voilà donc que nous arrivent trois clips en provenance de la cité Ardente. De quoi se poser des questions, isn’t it ? Eh bien, ces questions, nous les avons soumises à la maison-mère, le collectif JauneOrange

Trois clips en l’espace de quelques jours, cela signifie-t-il pour vous que la vidéo reste un outil de communication indispensable, même si pour un groupe donné, le Net fourmille déjà d’images ?

Sortir trois clips en si peu de temps relève plus du hasard que de la stratégie marketing… A refaire, on aurait sans doute fait autrement, mais voilà, on suit l’actualité des projets, des gens qui ont bossé dur et qui voulaient que ces vidéos sortent au moment le plus opportun pour eux. Le hasard du calendrier fait aussi que ces clips arrivent au même moment que se déroule la première édition de Clip That Beat, un festival du clip belge itinérant, qui programme des clips mais aussi des discussions, réflexions et tables rondes entre les membres actifs au sein des différents secteurs (musique, pub, institutions)…

L’importance du clip en 2012… Vaste question ! Effectivement, il y a tellement de vidéos de nos jours qu’on peut parfois se demander si la vidéo web n’est pas occupée à se tuer elle-même. Mais le gros avantage d’un clip est qu’il s’agit d’un prolongement artistique de la musique. Le groupe est souvent en accord avec l’intention et peut prendre une part active dans la diffusion de son « image ». Ce sont des vidéos officielles, alors que la plupart des autres vidéos sont postées par des fans ; c’est une chouette démarche mais ça n’émane pas du groupe ou de son entourage…

Alors oui, on est peut être old school, mais on aime bien les vidéos chez JO. Ça offre – ou du moins, propose – un univers à un titre, une identité à un groupe et ça permet à des réalisateurs « locaux » d’exprimer leur talent, de mettre leur art et leur vision « au service » de la musique, et au final tout le monde est gagnant.

Un « bon clip », selon la philosophie JauneOrange, c’est quoi ?

Un clip réalisé avec passion et envie, qui a du caractère. Et, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, qu’il soit vu ou pas, dont personne n’a à rougir. Un truc assumé quoi !

Une petite idée de ce qui fait que Liège semble être désormais l’un des viviers pop-rock du pays ?

Difficile à dire, surtout vu de l’intérieur. Mais c’est une ville qui est autonome, fière, active, volontaire (voire fonceuse), et ce depuis très, très longtemps. Ça doit sans doute jouer. Il y a pas mal d’activité culturelle et pas mal de gens actifs dans la musique dans la ville, via les bars/salles de concert, les collectifs, les festivals, les groupes, ce sont parfois des prétextes à la sortie, mais ça suscite sans doute des vocations. La taille de la ville est sans doute un élément important également, elle est suffisante pour que des activités soient possibles, mais n’est pas trop grande non plus, ce qui fait qu’à un moment ou un autre, tout le monde se croise, se connaît et est susceptible d’échanger. Ce qui crée sans doute une certaine émulation et un dynamisme, d’où toute cette activité, pour le meilleur et pour le pire !

Didier Stiers

 

Didier Stiers

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