La marche de l’Empereur Noir

En janvier 2011, les Canadiens jouaient à Bruxelles, au Cirque Royal complet pour l’occasion. Hier soir, on les a retrouvés au même endroit et dans des conditions sensiblement identiques. A ceci près qu’il y a quelques semaines, ils ont définitivement confirmé leur retour aux affaires, un nouvel et impressionnant album à l’appui. Un disque, entre parenthèses, qui s’est vendu comme des petits pains au stand de merchandising…

Une fois encore, comme l’an dernier, le groupe de Montréal est installé en arc de cercle sur une moitié de scène. « Hope drone » introduit le voyage, ses cordes montant à l’unisson après une longue intro déclenchent un flot d’images sur le grand écran divisé en deux. Toujours pas un mot à l’adresse du public : ça pourrait irriter, mais en même temps, on le sait. Il ne reste alors plus qu’à fermer les yeux et se faire le film que cette bande-son imaginaire suscite dans les neurones. On peut aussi les garder ouverts et tenter de décrypter le(s) message(s) qu’on croit camouflés dans les projections incessantes. Une locomotive, des plans, des lettres et des rapports dactylographiés, un type mort dans une rue, de la pellicule qui se décompose… Ici et là se répètent des mots. « I love you »… « Impossible »… « Fear »…

Assis ou debout, les musiciens s’activent sur leurs pédales d’effets. Jouent du tournevis sur le manche et les cordes de la guitare. Font glisser un archet sur la tranche d’une cymbale dont naît alors comme le son d’une respiration oppressée.

Il y a de l’ampleur et de la violence dans ces symphonies pleines de crescendos saisissants. De la noirceur mais aussi du grandiose, du beau et de la lumière dans ce post-rock joué comme s’il s’agissait d’un intense rituel. Sur scène, c’est la violoniste Sophie Trudeau qui semble le conduire la plupart du temps. Mais à les entendre se trouver, se répondre et se compléter les yeux fermés, les gens de GY!BE pourraient tout aussi bien être télépathes.

Seul « Mladic » est repris du nouvel album (Allelujah ! Don’t bend, ascend !) et trouve magnifiquement sa place dans un set de deux heures dont on sort, forcément, quelque peu remué. Si les passages de pur drone sont moins passionnants, cette nouvelle compo, « Behemoth », est carrément monstrueuse. Jamais morceau n’aura si bien porté son titre…

Didier Stiers

 

Setlist
- Hope drone
- Mladic
- Moya
- Behemoth
- The sad mafioso

 

Didier Stiers

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1 commentaire

  1. marc

    8 novembre 2012 à 15 h 57 min

    Un très grand moment en effet, une vraie plongée de deux heures. Il y a deux ans, je n’aurais jamais pensé avoir la chance de les voir un jour.

    Quelques autres mots (les images, c’était vraiment trop compliqué cette fois):
    http://mescritiques.be/spip.php?article1613

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