Autumn Falls, c’est aussi chez Madame Moustache

C’est ce lundi soir que démarre l’excellent festival Autumn Falls. Proposé par l’agence de booking ToutPartout, il embarque l’auditeur exigeant et découvreur dans une balade pop/électro/rock/folk entre différentes salles de la capitale.

Certains de ces lieux, certes le plus souvent réservés à la musique, s’avèrent peut-être à priori moins classiques ou plus underground que les traditionnels Botanique et Ancienne Belgique. A l’occasion de cette troisième édition, les rendez-vous sont aussi fixés à l’Atelier 210, au Magasin 4, au VK et chez Madame Moustache.

Justement, ce 29 novembre, Madame Moustache accueillera dans ce cadre le(s) Belge(s) (de) Castus et les Américains de Hundred Waters. Philipe Fatien, le patron des lieux, se dit particulièrement ravi d’avoir été inclus dans la programmation d’Autumn Falls. Car : « Nous sommes un peu dans un combat de la petite salle, « club » comme ils disent. »

Il porte sur quoi, ce « combat de la petite salle » ?

Comme nous ne sommes pas vraiment ancrés dans le milieu des concerts, les bons plans nous passent parfois sous le nez. Pas mal d’artistes que nous aimerions booker jouent en général au Bota, à l’AB ou au VK, parce qu’ils sont dans le circuit professionnel et que nous n’organisons pas que des concerts mais aussi des soirées à thème. Le fait qu’Autumn Falls nous ait proposé quelque chose nous a donc vraiment emballés.

Quelle est votre politique, en matière de concerts ?

Nous en organisons beaucoup à concurrence de ce que nous pouvons payer en termes de cachets. L’autre élément est la capacité de la salle. En clubbing, le soir, c’est à peu près 320 personnes, mais pour les concerts, pour que tout le monde puisse bénéficier d’une visibilité correcte, nous limitons à 200 voire 220 personnes.

Vous vous attendez à ce que votre participation au festival entraîne des retombées positives pour l’endroit ? Autumn Falls, c’est aussi une sorte de label de qualité…

A fond ! Maintenant, nous ne le faisons pas pour qu’il y ait de la presse là-dessus. Déjà, les groupes qu’ils nous ont proposés nous emballaient ! Et le fait que ça soit le label Autumn Falls encore plus ! Vu que nous sommes un peu derrière, mais que nous essayons de faire comme les grands, ou notre possible au niveau technique et au niveau budgétaire… Il y aura certains regards fixés sur nous, mais nous le ferons comme d’habitude, avec le cœur.

Les vraies découvertes, n’est-ce pas dans les petites salles comme la vôtre qu’on en fait encore, aujourd’hui ?

A Bruxelles, Madame Moustache est devenue la salle de concert « club », comme l’AB Club ou les petites salles du Bota. Mais nous ne faisons pas partie du circuit pro : les tuyaux, nous ne les avons pas. Les infos à propos des groupes découverts et appréciés en festival se passent en général entre bookeurs. C’est vraiment un combat que de contacter, de se faire aider au niveau presse… Quand un artiste nous botte, nous allons essayer de contacter une radio, un quotidien, pour qu’ils nous fassent un petit article pour booster l’événement, pour qu’il y ait un peu plus de promo dessus… Tout ça parce que nous sommes à fond là-dedans. Ce n’est vraiment pas pour l’argent : en règle générale, ça nous arrive d’en perdre un peu, mais nous rattrapons ça avec le bar et les boissons pendant le concert. Nous n’avons pas de subventions, c’est vraiment un club, quoi… Et donc nous faisons ce qui est possible, et nous boostons au maximum pour se choper les petites perles !

Il y a deux ans et demi, à l’ouverture, vous voyiez les choses comme ça ?

Non, pas du tout ! Nous avons tout appris sur le tas. Nous voulions organiser des soirées à thème sur des musiques d’époque, et trois jours avant l’ouverture, nous avons aussi décidé d’organiser des concerts ! Depuis, il a dû y en avoir 500, avec du pourri, du super super bon, du médiocre… C’est un chouette parcours. Mais aujourd’hui, comme je vous l’ai dit, nous voyons vraiment que c’est dur, qu’il faut ramer pour essayer de choper les bons trucs. S’il y en a un qui passe par exemple au Botanique, en découverte ou pendant les Nuits, nous savons que nous l’aurons, mais la saison suivante. Là, nous avons eu un roster de groupes signés sur le label Captured Tracks, dont pas mal qui passaient au Bota ; on nous a fait la proposition pour le printemps prochain…

Mais vous préféreriez que la découverte se fasse chez vous…

Nous sommes contents aussi, mais bon, c’est chouette d’avoir chez soi des gars qui sont en train de monter. Ou des gens du milieu qui se retrouvent chez nous, où nous y arrivons avec 20% de leur budget en termes de technique. Nous disposons d’une petite scène, une petite régie, mais à part ça, le son est super bon parce que notre ingé-son est au top. Souvent, il y en a qui se retrouvent ici parce que nous essayons, côté programmation, d’avoir un truc qui tient la route. Notre façade et notre petite console les laissent parfois bouche bée !

La saison 2013 s’annonce comment ?

Ce sera un peu plus mou que la rentrée… Nous avons pas mal booké pour décembre, nous aurons quelques grosses dates en janvier, février, mars et avril, mais beaucoup moins qu’en novembre. Nous serons peut-être à 6, voire grand maximum 8 concerts par mois. Plus en qualité et moins en quantité.

Avec toujours une petite prédilection pour les Etats-Unis et le garage ?

Nous voulons moins booker mais mieux booker. Tout en essayant, oui, de faire tourner la scène garage américaine ; ce sont des groupes qui partent en tournée deux à trois fois par an et que nous sommes plus aptes à recevoir. Nous aurons aussi quelques chouettes petits trucs folk. En règle générale, nous gardons l’oreille ouverte pour la qualité, sans être figés dans un style. Du moment que ça sonne bien et que derrière, il y a de la bonne presse. Notre ingé-son nous donne aussi de temps en temps un petit coup de main pour le booking, ou son avis… Si cela nous plaît, qu’il y a de la qualité, un petit buzz, nous sommes toujours ouverts.

Didier Stiers

- Madame Moustache, quai au Bois à brûler 5/7, 1000 Bruxelles. Info : www.madamemoustache.be.
– Autumn Falls, du 26 novembre au 2 décembre. Avec: Ty Segall, Three Mile Pilot, Shearwater, SX, BRNS, Diiv, Mala In Cuba, Clinic, Eric Chenaux, … A suivre sur Frontstage. Infos et programme.

 

Didier Stiers

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