Entrez dans le cirque de Rufus Wainwright

Photo d'archives

Le chanteur canado-américain a transformé l’Ancienne Belgique en théâtre de Broadway le temps d’y présenter son dernier bébé, Out of the Game.

Difficile de se détacher de l’image clownesque du rappel et de ce Rufus Wainwright en Dieu grec dansant à moitié nu dans la foule de l’AB. Pourtant son entrée en scène sur Candles ne pouvait présager d’un tel cirque : dans le noir complet, seule la voix de Rufus Wainwright résonne dans la salle qui prend alors des allures de cathédrale. C’est que l’extravagant Rufus a du coffre !

Véritable caméléon, Rufus Wainwright passe aisément d’un style à l’autre, enchaînant mélodie pop (Out of the Game) et ballade soul (Barbara), avec ci et là quelques bribes de gospel (Jericho, Rachida). C’est avec autant d’aisance qu’il bascule de l’anglais au français : « Je vais parler un peu français ce soir car j’ai besoin de pratiquer ! », dit-il avant d’introduire les reprises de sa maman Kate McGarrigle, qui seront chantées par ses musiciens.

Des reprises, il y en aura encore tout au long du concert. De son père Loudon d’abord avec le fabuleux « One man guy », de Leonard Cohen ensuite avec un séduisant « Everybody knows », chantée en partie par Adam Cohen (qui a ouvert pour son ami Rufus plus tôt dans la soirée). En français enfin lorsqu’il reprend le chanteur québecois Gilles Vigneault avant d’époustoufler une Ancienne Belgique qui retient son souffle pour une surprenante reprise de Gainsbourg, « Je suis venu te dire que je m’en vais ».

C’est alors que le rappel nous coince sur notre siège et visse nos talons au sol tant la surprise est de taille. Ce n’est pas tant le Cupidon qui chauffe la salle ou le sorcier qui joue de la guitare électrique. Ni même ce faux Mozart qui s’installe aux claviers. Encore moins la choriste habillée en prostituée sado-maso. C’est surtout ce grand surréalisme auquel on est pourtant habitué. Surréalisme encore lorsque Rufus Wainwright déambule dans la fosse habillé en Apollon (lisez à moitié dévêtu). Surréalisme toujours lorsqu’un immense sandwiche vient nous entonner « Gay Messiah » à côté d’un verre de Martini géant. Hier soir, Rufus Wainwright a démontré que chez lui, il n’y avait pas de frontière.

Maïlys Charlier

Journaliste lesoir.be.

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