Piano Club couleurs pop

Les quatre de Piano Club sont passés à la rédaction lundi pour une session acoustique au Soir, en ligne ce vendredi. Anthony Sinatra nous parle de Colore, disque de synthé-pop bourrée d’énergie.

Piano Club, il faut l’avouer, on a toujours aimé. En 2004 et 2007, la Nuit du Soir avait déjà craqué sur l’autre groupe d’Anthony Sinatra : Hollywood Porn Stars. Quand, en 2006, le chanteur liégeois lançait Piano Club avec un premier concert belge à Dour, les fans ont vite fait de se réapproprier cette formation plus électro qu’HPS. Après la Nuit du Soir de 2009, le premier album de Piano Club, Andromedia, paraît en mai 2010. Et là, il n’y a plus de doute possible : un vrai grand groupe est né. Qui a l’art de mêler sonorités et arrangements vintage à une synthé-pop on ne peut plus actuelle (de MGMT à Yeasayer, Metronomy ou Phoenix).

« En 2006, nous a rappelé Anthony, ce n’était pas encore la mode qui n’a déferlé que vers 2008-2009. On utilise du matériel vintage analogique mais sans vouloir faire du revival 80’s. On veut surfer là-dessus en ouvrant de nouvelles pistes, en allant de l’avant. Pour moi, Piano Club reste un groupe de rock. Les chansons ont d’ailleurs été écrites sans instruments. Salvio et moi, on se connaît tellement bien qu’un coup de fil suffit parfois pour qu’on avance. »

Colore, le nouvel album de Piano Club, a de fait été entièrement joué par Anthony et Salvio Ladelfa. Mais Piano Club est bien un quatuor comprenant un batteur, Julien Paschal, et le chanteur multi-instrumentiste Gaetan Streel. Si Anthony signe seul toutes les chansons et s’ils ont tout joué à deux, les quatre membres sont intervenus sur le mixage. Et sur scène, sûr que l’ensemble sera plus rock, avec l’apport de la guitare.

Ce qui est craquant sur Colore, c’est bien sûr ces mélodies catchy, efficaces et assumées, de la pop song parfaite. Avec des sonorités synthétiques qui rappelleront à certains le morceau « Pop-corn » ou les premiers Orchestral Manoeuvres in the Dark. Le plus drôle, c’est qu’Anthony est trop jeune pour avoir vécu cela en direct : « J’ai eu un accès libre à la discothèque de mes parents, qui était très large. Cette fin des 70’s et début des 80’s, ce sont vraiment mes influences musicales. J’ai adoré les 45-tours de Kiss ou de Kim Wilde. J’aime cette période mais, on s’en rend compte aux concerts, notre public a vraiment tous les âges. Radio Nostalgie a même prix notre single en playlist. C’est tout dire… »

Le jeu consiste bien sûr à traquer par-ci par-là les allusions à certains Electric Light Orchestra ou à O.M.D. « Pop-corn » est même planqué quelque part. Le titre « Olivia », lui, est clair : il s’agit bien d’Olivia Newton-John qui en a fait fantasmer plus d’un dans son clip « Physical » en tenue d’aérobic : « C’est aussi la pochette de Xanadu, le disque qu’elle a fait avec E.L.O. Elle portait une boule plus grosse qu’elle. Mon album préféré d’E.L.O., c’est Time, plus encore que Discovery. »

Colore met de bonne humeur. Même si ça devient cliché de dire que voilà tout ce qu’il nous faut en période de crise et d’austérité, Anthony tient malgré tout au message diffusé par cette nouvelle production qui se veut joyeuse sans être décervelée : « Je voulais un album positif,coloré, optimiste. J’en ai marre d’être tabassé par cette mauvaise ambiance. Il faut prendre plein de bonnes résolutions pour surmonter les difficultés, les obstacles. C’est ça le message de ce disque. Il donne la pêche. Avec des nuances bien sûr. Ce disque est catchy mais sans se prostituer non plus. J’ai surtout voulu aller vers la simplicité, en favorisant la mélodie et en laissant tomber tout ce qui n’est pas indispensable. Colore, c’est aussi l’allusion aux origines italiennes de la moitié du groupe. »

La question est évidemment de savoir ce que devient Hollywood Porn Stars reformé – avec Redboy de MLCD – pour deux soirs l’été dernier : « Avec Redboy, ça faisait depuis 2009 qu’on n’avait plus joué ensemble. On voulait juste tâter le terrain avant d’envisager d’aller plus loin. Voir si ça avait un sens et s’il y avait une attente du public. La réponse est oui mais on prendra notre temps. »

THIERRY COLJON

Colore

Ce deuxième album de Piano Club est un vrai bijou. Il va plus loin encore qu’Andromedia. Il s’agit de vraies pop songs dénuées du superflu. Immédiates, fortes, évidentes, plaisantes, on pourrait sans problème les siffler dans la rue. Anthony Sinatra est allé au bout de sa logique: donner du bonheur, du plaisir. Ce disque est bourré de chansons fortes à même de faire de l’œil aux radios. Un grand disque, vraiment! T.C.

Piano Club, Colore (JauneOrange/Rough Trade). Sortie ce vendredi 22.
Infos concerts: www.pianoclub.be


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1 commentaire

  1. Mario Guccio

    23 mars 2013 à 14 h 41 min

    J’aime ! c’est un album, qui vous rend léger comme l’air, c’est frais et tonifiant ;-) Mario Guccio

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