Kurt Vile, un Américain à la coule

C’est surtout avec son précédent album et ses nombreux concerts, en Belgique aussi, que l’ancien fondateur de War on drugs a accédé à la notoriété. Guitariste faussement nonchalant, compositeur brillant et jamais à court d’inspiration, Kurt Vile était récemment de passage à Bruxelles, où nous l’avons rencontré.

Vous avez énormément tourné avec « Smoke my ring for my halo » (2011). Comment est né « Walkin on a pretty daze » ?

J’écris beaucoup en tournée, c’est d’ailleurs comme cela qu’est né Smoke my ring for my halo. Dans le cas présent, je me suis mis petit à petit. J’ai commencé à écrire des petites choses à gauche et à droite. J’ai vraiment commencé à m’y mettre l’année dernière.

Je ne m’attendais pas à tourner autant mais avec le succès du disque, j’ai eu de plus en plus d’offres, ce qui était plutôt inattendu. J’ai fait des allers et retours entre les tournées et le studio.

Ce succès a augmenté votre capital confiance ?

Ça va et ça vient surtout en concert. C’est agréable mais on peut vite devenir paranoïaque. Parfois je flippais de rejouer après de longues périodes de break mais, en ce qui concerne mon travail de guitariste, je suis vraiment bien au point, ça m’est très facile et naturel. Et plus je joue, plus c’est naturel. Aussi naturel que respirer, en fait.

Le plus fascinant avec ce nouvel album, c’est que vos chansons avoisinent parfois les dix minutes et on ne s’ennuie pas une seule seconde, les passages instrumentaux aèrent les compositions. Pourquoi cette option ?

Parfois, c’est volontaire et parfois, je me laissais complètement happé par ma musique. Mais l’idée, vous l’épinglez, c’est d’écrire des chansons longues mais qui ne paraissent pas si longues que cela. Arriver à quelque chose d’hypnotique, du coup, on s’en fout que la chanson dure 10 minutes. Et c’est vrai que la construction peut s’assimiler à un trip.

Musicalement, votre approche est très visuelle. On écoute ce disque en prenant le train, par exemple, et on se fait son propre film. Vous en êtes conscient ?

En tout cas, quand j’étais gamin, j’aimais bien me balader avec mon père, qui était conducteur de train et je laissais mon esprit vagabonder. Revenir à pied du boulot en pensant à la décadence urbaine et en trouvant cela magnifique au coucher de soleil.

Un mot sur « Never run away »…

C’est une chanson assez pop. Je sais qu’il me fallait un truc assez pop mais ça se met bien dans le disque. Ce n’est pas quelque chose que je dissocie du disque même si je l’ai pondue assez vite. J’ai voulu y mettre une atmosphère assez crue.

La chanson parle de ma femme, je suppose. Même si je ne relate rien de précis. J’essaie de ne pas réfléchir de trop à mes textes. Parce que les mots viennent rapidement. À vrai dire, j’ai écrit la plupart des textes après la musique.

PHILIPPE MANCHE


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