Une Nuit plus belge que vos jours

Jeronimo, complètement zinzin. PHOTO DOMINIQUE DUCHESNES.

La Nuit belge est toujours un grand moment des Nuits Botanique. Son retour au programme de l’édition 2013 était donc très attendu et ils étaient autour de 2.000 à penser de même, mercredi soir.
La Nuit belge, c’est un peu comme la Nuit du Soir mais en deux fois plus grand, avec douze artistes au lieu de six et quatre salles au lieu de deux. Entre Chapiteau, Rotonde, Orangerie et Grand Salon, le public se croise et bouchonne à l’entrée. Cela fait partie du jeu et de l’ambiance particulière de cette Nuit dont le but est aussi de découvrir de nouvelles jolies choses issues de la scène rock belge.
On a commencé à l’Orangerie avec Paon, l’enfant légitime – divisé en deux – de Mister Tellers et de Madame Lucy Lucy. Un 4-titres, avec les succulents “Shine over me” et “My luck is gone”, vient de paraître et notre petit doigt nous dit qu’on les retrouvera à la prochaine Nuit du Soir (retenez déjà votre 19 septembre, on ne sait jamais!). Bon, d’accord la grande nouveauté, c’est cette horrible longue barbe à la mode du chanteur mais mieux vaut une laide barbe et de la bonne musique, que l’inverse, non?
On passe ensuite au Chapiteau pour assister au grand retour des Vismets. Il s’agit de leur deuxième concert de l’année et si le nouveau single paraît fin du mois, l’album est prévu pour la rentrée. Les Vismets ont mûri et la tendance du jour est un rock psychédélique sans complexe. Un mélange de “double blanc” des Beatles, de Pink Floyd période Ummagumma et des Doors dont ils reprennent de façon fort convaincante “Not to touch the earth”. Mais si les Vismets planent avec de longues plages, ce n’est pas pour oublier les rythmes et l’énergie. Ils restent Vismets et ça décolle plus d’une fois. Un concert de bon augure en tout cas pour la suite.
Retour à l’Orangerie où les Peas Project présentent leur section de cuivres trempant dans le funk une musique urbaine de plus en plus world. Le tout pour faire danser la salle (pleine) qui ne s’en prive pas. Leur EP, Swim With the Sharks, est tout frais et donne surtout envie d’aller voir plus loin.
Il n’y a pas de temps à perdre pour rallier la Rotonde où il faut jouer des coudes pour pouvoir entrer. Car une Nuit belge sans artistes flamands ne serait pas totalement belge. Avant Dez Mona donc, on y découvre la Laurie Anderson en talons aiguille Liesa Van Der Aa qui a décidé d’ajouter à ses boucles et à son violon une chorale de onze filles et garçons. On ne reste pas longtemps car Jeronimo, au Grand Salon, tient à nous présenter son nouvel album, Zinzin, à paraître samedi. On peut parler d’un vrai retour pour celui qui, ces dernières années, avait préféré jouer pour les autres, que ce soit Saint-André, Benjamin Schoos ou Marc Morgan. Là, il nous revient dans sa formation préférée, le power-trio, pour nous livrer des petites histoires comme il en a le secret. Comme les Little People de Murakami, Jérôme vit dans une réalité parallèle où “John Lennon s’est suicidé”. On y rencontre une “Princesse au regard couleurs ciel de Belgique” et une “Paris petite conne”. Alors qu’il nous fait pleurer en nous rappelant “La mort solitaire de Frank Vandenbroucke”. Sur ce disque, il nous redemande “Irons-nous voir Ostende?”. Avec toi, quand tu veux, mec!
Allez, pour la route, on s’offre encore un petit bout de BRNS, le groupe hot du moment. Les gars ont toujours l’art d’installer une atmosphère bien plombée, un rock bien électrique à la fois dévastateur et élégant. Un modèle du genre! En rentrant, on entend, au Chapiteau, les coups de boutoir de Soldout. Les maîtres de l’électro au féminin sont au sommet de leur forme, avec un visuel, une fraîcheur, une maîtrise et une énergie débordante.
C’était une belle Nuit belge, les amis! THIERRY COLJON


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2 commentaires

  1. Luc

    10 mai 2013 à 9 h 59 min

    J’ai assisté à la Rotonde à l’une des toutes premières prestations publiques de Warhaus, le side-project de Maarten Devoldere, chanteur, claviériste et co-fondateur du très prolifique Balthazar. C’était géant ! Le grand moment de la soirée selon moi. Seul en scène, guitare à la main, le Courtraisien construit peu à peu des ambiances mystérieuses et envoûtantes à l’aide d’une loop et de quelques pédales d’effet. Et puis il y a cette voix grave, nonchalante, coulante même, que les fans de Balthazar connaissent bien. Mon coup de cœur ! J’espère qu’il y aura un jour un album de Warhaus.

  2. Rémi

    10 mai 2013 à 20 h 35 min

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