Une soirée avec Dominique A

Poufs Heuninckx

Christopher Heuninckx

Pour terminer en beauté ces Nuits Bota pluvieuses… une semaine après leur fin officielle, Dominique A revenait à l’Orangerie, pour le plaisir.

Une Victoire de la musique en poche, un album disque d’or en France (« Vers les lueurs », 50.000 exemplaires), une tournée du coup rallongée et un passage dans une salle et un public qu’il connaît par cœur… Dominique était de bonne humeur hier, détendu, sans pression, sans rien à vendre, et ça s’est ressenti tout au long d’un concert qui a duré deux heures et trois rappels. Et ce fut bonheur !

En formation serrée (deux guitares, basse, batterie, synthé), Dominique A s’est fait et nous a fait plaisir. La setlist impeccable qui pioche dans toute sa carrière (avec deux albums favorisés hier « L’Horizon » de 2006 et le dernier « Vers les lueurs »). Le groupe enchaîne les titres qui sonnent directs, énergiques et relâchés. En fait, le juste milieu entre chanson française de tradition et pop-rock anglo-saxon. La définition même du style du bonhomme qui fait qu’il est toujours là, vingt ans après, plus en forme et populaire que jamais.

Tout ça pour dire… On a assisté à un de nos meilleurs concerts de père Dominique.

Moments choisis :

‘Le Twenty-Two Bar’: le premier tube quelque peu renié, qui date de 1995. On n’a pas eu souvent l’occasion de l’entendre en concert, celle-là, et ça fait d’autant plus plaisir. Version rumba enjouée et bien relevée.

‘Le courage des oiseaux’ : la chanson qui restera. Comme à Liège à l’automne dernier, relevée par un beat électro. Le seul moment de la soirée où les programmations prendront le dessus.

‘Le sens’ : quasi impossible de retrouver la fragilité de ce titre en live. Dominique en offre du coup une version pop-cabaret presque enjouée… « J’ai tout essayé j’ai pas trouvé le sens ». C’est rien, essaie encore !

‘L’Horizon’ : longue plage d’ouverture de l’album éponyme, qui amène le voyage et les grands espaces dans la tête. Crescendo qui se termine dans un déluge de bruit blanc. Splendide.

‘Hasta que el cuerpo aguante’ : de même, le voyage, les bitures, les bars enfumés, un imaginaire à la Blaise Cendrars… « Il boira comme on part à la guerre, sans être sûr qu’on en reviendra »… Jusqu’à ce que le corps lâche. La France littéraire, elle a quand même plus de gueule qu’un président qui fait son tour d’honneur sous la flotte !

‘La Peau’ : celle qui aurait dû mais qui n’a pas été un tube. ‘La Peau’, qui date de 2001 (« Auguri ») reste une des chansons préférées des fans. M’sieur Ané l’introduit en insistant sur sa blague de papé : « Comme j’ai déjà dit, je remercie Peau d’avoir ouvert la soirée ». Ah !

On vous l’a dit, la soirée fut bonne ! Ce qui a fait dire au maître de cérémonie, ancien Bruxellois à plein temps : « Vous allez finir par me faire aimer la Belgique ! » Mais oui, Dominique, reviens ! C’était pour rire !

DIDIER ZACHARIE




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1 commentaire

  1. Luc Tambeur

    20 mai 2013 à 17 h 06 min

    La première fois que j’ai vu Dominique A en concert, il était accompagné d’un quintet à vent et d’un éclairage aussi sophistiqué qu’impressionnant. La seconde fois, le quintet à vent s’en était allé, mais pas l’éclairage sophistiqué. Hier soir, à l’Orangerie, il n’y avait ni l’un, ni l’autre. Juste l’artiste et son groupe. Et paradoxalement, j’ai eu le sentiment de vivre hier le concert le plus enthousiasmant et le plus éblouissant des trois soirées.

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