Les bonnes notes du BFF

Frontstage - BFFVous avez déjà jeté un œil sur le programme du Brussels Film Festival qui commence ce mercredi ? Pas encore ? Erreur ! Tout comme l’an dernier, il réserve une chouette place à la musique, en live et sur écran. Traduction : concerts, dj sets et documentaires vont égayer le paquebot de Flagey. Oui, et s’il fait beau ? Le risque existe bien sûr, mais on ne va pas non plus se formaliser pour une météo qui serait subrepticement estivale en plein juin, isn’t it ?

Fête de la Musique oblige, les réjouissances seront agrémentées ce vendredi 21 de « ciné-concerts » et d’une after-party. C’est quasiment Noël : l’entrée est gratuite, si vous souhaitez aller voir et écouter Roscoe, Mélanie De Biasio, Romano Nervoso, Chrysta Bell (qu’on nous présente comme la nouvelle muse de David Lynch), Aguila et Mike Simonetti (l’homme du label new-yorkais Italians Do It Better).

L’an dernier, les organisateurs inauguraient une section consacrée aux documentaires musicaux. Elle est non seulement toujours d’actu pour cette édition 2013, mais elle se double en plus d’une compétition, laquelle commence ce jeudi.

Parmi ces docus, relevons le très attendu Mistaken for strangers. A l’heure où The National sort l’excellent Trouble will find me, ce film réalisé par Tom Berninger fait le circuit des festivals. Il s’agit en réalité moins d’un portrait du groupe que d’une chronique drôle et émouvante des relations entre deux frères, très différents, qui se retrouvent alors que l’un accède à la reconnaissance du public et l’autre n’a toujours rien terminé dans sa vie. « Il est plutôt dans le metal, disait Matt, le chanteur, à propos de son frangin. Il pense que le rock indie, c’est juste de la connerie. » N’empêche, Tom est dans un premier temps repris comme roadie sur la tournée High Violet puis s’en fait virer. Mais le garçon avait amené une caméra et reçu l’autorisation de filmer. Du coup, le voilà rentré avec plus de 200 heures de rushes… et pas mal aidé pour le montage. Résultat : un self-mockumentary, explicitement sous-titré A year on tour with my brother’s band.

Autre de ces dix documentaires musicaux : Petey & Ginger, a testament of the awesomeness of mankind. En une heure, ce film danois vous brosse le portrait de deux jeunes gens vivant à l’abri de la crise financière. Leur truc ? Ne pas faire partie du système. Elle s’appelle Ginger et est voyante, lui se prénomme Petey et joue de la basse pour Thee Oh Sees. Et quand il n’est pas sur scène avec son groupe, il bosse dans une boîte de distribution de sextoys. Il n’y a pas de sot métier. Le rêve américain qui a bel et bien viré au cauchemar, très peu pour eux !

« What else », comme dirait George ? Eh bien Pussy Riot : a punk prayer, par exemple. Comme vous l’aurez compris, il y est question des méchantes activistes qui faisaient rien que d’embêter Vladimir Poutine, à un point tel que le pauvre a été obligé de réactiver les peines d’enfermement dans les camps. Désormais l’égal de ses glorieux prédécesseurs communistes – tendance Petit Père des Peuples plutôt que Géniteur de la Glasnost – Vlad peut dormir tranquille. Encore que… Voilà quelques mois qu’il se réveille régulièrement avant l’heure et entend des voix lui chuchoter des trucs très zarbis : « Liberté »… « d’expression »… Bon, foin de déconnade : ce film primé à Sundance retrace le combat et le procès des punkettes (dé)cagoulées refusant tout compromis.

Également au programme… The Ghost of Piramida, où quand les Danois d’Efterklang s’en vont en résidence dans une ville minière russe du Spitzberg. Une ville fantôme, encore bien…

Dans la veine du « making of », Dimitri Van Zeebroek et Round the Bend évoquent l’enregistrement aux États-Unis de l’album de Bent Van Looy (Das Pop). Daan in Progress, de Thierry Dory, c’est celui du Franc Belge de Mijnheer Stuyven. Attention, achtung : les deux chanteurs seront là en chair et en os.

Trop soft que tout cela ? Peaches does Herself risque de l’être nettement moins. On connaît la donzelle : la voilà qui a réalisé son premier film, entre l’opéra et le documentaire, ou dixit le communiqué : « An epic autobiographical journey trough 22 original songs. » Autre star, dans son genre, Kidd, le rappeur danois, s’est fait connaître via le Net. Kidd Life nous conte ça par le menu.

Deux films encore, et non des moindres. L’agitation sociale qui secoue ces jours-ci le Brésil donne une sorte de nouvelle actualité à Tropicalia, soit un tableau du Tropicalisme, ce mouvement artistico-politique des années 60 au travers duquel se sont exprimés des gens comme Gilberto Gil et Caetano Veloso. Last but not least : Charles Bradley, vous connaissez ? Le bonhomme a enregistré son premier album à l’âge où d’autres prennent leur pension, mais il faut préciser que l’existence de cet admirateur de James Brown n’a pas été des plus simples. Comme l’illustre Charles Bradley : the Soul of America

Didier Stiers

Brussels Film Festival, du 19 au 26 juin, Flagey. Infos et programme complet.

Didier Stiers

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