Kanye West, Yeezus


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Yeezus (Kanye West)

« There’s leaders and followers, I’d rather be a dick than a swallower ! » Il est comme ça, le Jules à Kim Kardashian : pas conformiste. Tenez, son sixième album, il le balance avec un visuel minimaliste : boîtier translucide, pour un artwork, les textes ou les crédits, débrouille-toi, ami consommateur !
Autre exemple : quand il fait joujou avec des samples, ce n’est pas forcément de trucs cultes et obscurs. Le garçon emprunte au « Strange fruit » interprété par Nina Simone. Ou, plus redoutable encore, sur « New slaves », à l’énormissime tube prog’ rock hongrois que fut (et reste) « Gyöngyhajú lány ». Rigolez pas : Omega est au pays du goulash ce que Daft Punk est à celui de la french touch.

Daft Punk, justement… Le tandem casqué fait partie de la mirifique guest-list des gens (67 en tout, paraît-il) qui ont de près ou de loin contribué à ce disque qui clinque et qui claque. Et comme sur Random access memories, on y retrouve une poignée de compos complexes, à la limite de la prise de tête. Mais après tout, comme Kanye le proclame : « I am God ». Sur une sorte de pulsation indus, hachée de cris angoissés. A une ou deux exceptions près, la douceur soul est mise au frigo : l’énergie qui porte l’album est celle de l’électricité, de l’orage qui menace.


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