Bruce s’est amusé à Werchter

bruce2Les 60.000 personnes qui ont assisté au festival TW Classic, samedi, ont vécu un grand concert de Bruce Springsteen qui s’est amusé tout au long d’un set de 2 heures 50.

Samedi, c’était la troisième transhumance werchterienne de l’été 2013. Après les jeunes de Boutique (Muse) et de Rock Werchter, place aux « vieux » avec TW Classic et « The Wall » samedi prochain. Mais qu’à cela ne tienne, pour beaucoup il s’agissait d’un concert de Bruce Springsteen plus que d’autre chose. Ceux qui n’étaient pas là seront heureux d’apprendre qu’à 68 ans, avec sa perruque blonde et ses lunettes noires, Debbie Harry est toujours sexy dans son rôle de Blondie. Que Ben Harper et Charlie Musselwhite ont livré un blues bien trempé excellent pour la sieste. Et que Santana et Keane ont enfilé leurs tubes sans veiller à ce qu’il ne se passe quoi que ce soit.

Bref, il a fallu attendre 21h55 pour que la plaine flamande vrombisse enfin sous les coups du E Street Band dorénavant dopé par seize personnes (en plus de Bruce !). Le groupe a toujours été une machine de guerre mais là, c’est une armada : cinq cuivres (pour remplacer Clarence dont son neveu Jake) et trois choristes black renforcent la vieille garde. Et Bruce est à peine sur scène qu’il descend au bout d’une minute pour son premier bain de foule.
On a comme l’impression que le Boss a passé plus de temps dans la foule à taper des mains ou se faire embrasser que sur scène. Tout sourire, heureux visiblement d’être là, Bruce, à 63 ans (qu’il ne fait pas vu qu’il se teint les cheveux), soigne son public et s’en enivre. Le jeu consiste cette fois à exhiber des panneaux (distribués par un sponsor) avec la mention d’une chanson désirée. Bruce descend et se sert. Son premier choix : un nounours réclamant « Jailhouse Rock », avant un canard suggérant « Man’s Job ».

Bruce s’amuse comme un fou et demande s’il y a d’autres animaux dans la salle, avant d’accueillir Ben Harper pour un duo sur « Atlantic City ». Et ça redevient sérieux quand Nils (Lofgren) balance un superbe solo sur « Youngstown », avant que le patron en fasse autant sur « Murder Incorporated », sous les yeux toujours ravis de Little Steven. Bruce se couche dans le public (« Darlington County ») quand il n’en extrait pas une gamine pour la faire chanter (faux !) « Waitin’ on a Sunny Day » avant de la porter dans ses bras et de la ramener. On ne l’a jamais vu aussi paternel. Au fameux moment très attendu par toutes de « Dancing in the Dark », il choisit deux jeunes demoiselles pour ses musiciens et se garde une dame exhibant le message : « J’ai 50 ans, je suis fan depuis 35 ans et en 30 concerts je n’ai jamais dansé avec toi ». Bruce, ça l’amuse et ça l’émeut et leur petite danse devient mignonne comme tout.

A minuit, après une deuxième reprise d’Elvis (« Follow That Dream »), on est bon pour la triplette « Born in the U.S.A. », « Born To Run » et « Dancing in the Dark » avant le bel hommage à Clarence Clemons, son fidèle sax mort en 2011, sur « 10th Avenue Freeze Out ». Et puis débarquent les tout aussi fameux rappels : la reprise de « Twist And Shout » (qu’il faisait déjà à 18 ans !) et « Shout », pour terminer en solo acoustique par « Thunder Road ». La boucle est bouclée, en près de trois heures Bruce a été à la hauteur de sa réputation. Et plus que ça encore : en trente ans de concerts belges, il ne nous avait pas procuré tant de plaisir, tout en nous émouvant. Fini les glissades sur les genoux mais en lieu et place, on a eu droit à de vrais gestes d’amour envers son public : plus que jamais sa seule et unique drogue. THIERRY COLJON

PROGRAMME

Spirit in the Night
Badlands
Death to My Hometown
We Take Care Of Our Own
Jailhouse Rock
Man’s Job
Atlantic City
Wrecking Ball
Hungry Heart
The River
Youngstown
Murder Incorporated
Darlington County
Bobby Jean
Shackled and Drawn
Waintin’ on a Sunny Day
The Rising
Land of Hope and Dreams
Follow That Dream
Born in the U.S.A.
Born To Run
Dancing in the Dark
Tenth Avenue Freeze-Out
Twist And Shout
Shout
Thunder Road

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3 commentaires

  1. Thomas

    14 juillet 2013 à 11 h 55 min

    Thierry,

    Le “Follow that dream” qu’il a chanté en rappel n’est pas la version d’Elvis, c’est une autre chanson.

  2. thierry

    14 juillet 2013 à 16 h 17 min

    Pour avoir déjà vu le Boss en concert à plusieurs reprises, je dois avouer qu’à chaque fois ce mec a l’art de vous surprendre et de vous emporter aux confins de ce qui fait l’âme du rock. Et tout cela avec un humanisme communicatif, on sort d’un concert du Boss en aimant tous les quidams qui vous entourent….

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