Puggy le roi et Lou la reine de Spa

LOU DOILLON   FRANCOFOLIES 2013 POUR LE SOIR PHOTO DOMINIQUE DUCHESNESJeudi soir, Ozark Henry sur la grande scène et Puggy au Village s’affrontaient. L’hystérie collective, c’est Puggy qui l’a récoltée. Et vendredi, Lou fut parfaite.

Tous les ans, c’est pareil: un groupe marque l’édition des Francofolies de Spa par l’enthousiasme délirant du public. Il y eut, par le passé, Ghinzu, BB Brunes ou Stromae. Cette année, Puggy emporte haut la main le prix du triomphe.

On s’en doutait un peu, ceci dit. Avec le carton réalisé par leur dernier album dans les hit-parades et les impressions laissées cette année par tous leurs concerts: le trio bruxellois était, sur le papier de la programmation spadoise, le plus attendu des groupes.

On revient, jeudi en début de soirée, du concert d’Ozark Henry, sur la scène Pierre Rapsat. Avec sa duettiste permanente Amaryllis, Piet tout habillé de blanc comme l’ensemble du groupe, se produit dans une place de l’Hôtel de Ville à moitié remplie et, comme d’habitude, le chanteur courtraisien basé à Oostduinkerke se concentre exclusivement sur sa musique, réduisant ses interventions parlées au strict minimum de la courtoisie. Comme pour Benjamin Biolay, en partie au même moment dans le Village, la qualité des arrangements et du son l’emporte sur les effets de foule.

Puggy, au parc, va réussir à concilier les deux. Impossible d’abord d’approcher: devant la scène, c’est la foule des grands jours. Il nous faut nous rabattre sur le grand écran. Mais l’ambiance est là: le trio, complété d’un claviériste belge, est déchaîné. Il enfile tube sur tube et le public, en rien fatigué, lui fait la fête de bout en bout d’un concert réellement impressionnant. Romain, toujours aussi calme, est d’une efficacité redoutable à la basse. Ziggy, très expressif, assure le spectacle tandis que Matthew, très séducteur mais avec finesse, communique avec son public, se laissant même aller, à l’instar de son modèle Freddie Mercury, à faire chanter la foule. On peut parler d’un véritable triomphe qui aura marqué cette vingtième édition des Francofolies de Spa.

Une édition ensoleillée qui fait oublier ces dernières années chagrines. C’est fou comme le soleil en abondance change les gens mais aussi les artistes. Tout le monde est beaucoup plus cool, les terrasses sont prises d’assaut, comme les scènes. Et règne ici, depuis mercredi et jusqu’à dimanche sans doute, une véritable impression de bonheur simple.

Noa Moon avant Lou

Parlons des filles de la francophonie maintenant. À commencer par «notre» Noa Moon qui présentait les chansons de son album à paraître en septembre.

Il n’a pas fallu attendre le remix en duo anglo-français, avec Malo, sur «Paradise» pour qu’on se dise qu’il serait bon qu’un jour Noa «Manon» Moon chante en français. Il suffit de prendre exemple sur la Québécoise Marie-Pierre Arthur. Une vraie rockeuse qui sait groover, avec un groupe d’enfer. Elle n’est d’ailleurs pas la seule au Québec à prouver que le rock en français, ça tient la route. Lisa LeBlanc, fraîche prix Rapsat-Lelièvre, fait de même.

Quant à Lou Doillon, on n’a rien à redire à son accent anglais, digne fille de sa mère Birkin. Une fois de plus, sur scène, Lou, c’est le charme au naturel et la grâce au service d’une voix grave à la sensualité folle et de mélodies insubmersibles. Le public spadois a d’ailleurs apprécié la belle Lou à sa juste valeur.

Thierry Coljon


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