Le vendredi, c’est… BRNS !

KIEWIT, festival pukkelpop BRNS.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Sinon, le vendredi, c’est le jour du poisson. Et au Pukkelpop, celui d’une question : il y a quelque chose, à part les Girls ? Le genre d’interrogation qui surgit quand on se retrouve face à l’affiche pléthorique, où tous les noms ne font pas forcément vibrer d’excitation. Une quinzaine d’heures plus tard, on est rassuré : il y a toujours à voir/vivre/entendre…

Une fois n’est pas coutume, la balade démarre pied au plancher sur fond de hardcore new-yorkais. Celui de Cerebral Ballzy. Ces types de Brooklyn comptent un album à leur actif, un second est en cours de finition. A première vue, ils seraient un peu le pendant East Coast des Bots, mais avec des morceaux très concis. Le chanteur, Honor Titus, qui débarque sur un riff très hard rock, a l’air de bien s’amuser : tente de monter sur la grosse caisse (son batteur l’en dissuade), se jette par terre et tout, et tout… Ça fait un peu court ? Ben oui !

Passons aux choses sérieuses : BRNS à la Wablief. Soit un petit chapiteau circulaire, transformé en sauna vu la météo plus que clémente de ce vendredi. Une grappe de ballons joue à saute-mouton ici et là, « Mexico » transforme un voisin (« Un Flamand », me certifie un collègue prévenant) en pois sauteur. Notez, il y a de quoi : le jeu du groupe est d’une redoutable précision, « Our lights » est clair à souhait, bref, tout cela est propice à une jolie trance finale. Le contexte aurait pu être aussi compliqué qu’à la Fête de la Musique sous les arcades du Cinquantenaire, mais non, Antoine Meersseman et ses potes tiennent le choc de l’étuve. S’offrant même une petite (re)présentation tout en sobriété : « We zijn Brains. Et voilà… »

Que faut il penser de Major Lazer ? Oupslala, surtout rien ! Si tu te mets à penser à propos de Major Lazer, normalement, tu te supprimes dans les deux heures qui suivent. Bouts de morceaux de chansons et de tubes, montrage et agitage de popotin dans tous les sens, lançage de t-shirts en l’air comme on n’en voit même pas encore à Tomorrowland : on regrette un peu les compos d’un Neil Young (exemple pris au hasard). D’accord, la plaine au pied de la Main Stage est noire de monde pour accueillir Diplo et ses sbires, mais ces 40.000 (et quelques) festivaliers-là n’y sont manifestement pas pour écouter de la musique. Dancehall, reggae, électro, tropiques ? Circulez, y’a rien à entendre !

Voilà aussi pourquoi Unknown Mortal Orchestra, programmé dans la foulée au Club, fait office de bouée de sauvetage dans cette foire qu’on n’aurait pas imaginée au Pukkelpop il y a quelques années de ça. Le trio américano-néo-zélandais joue un rock psyché aux guitares saturées. Pensionnaires chez Fat Possum dans un premier temps, chez Jagjaguwar ensuite, le groupe et son chanteur à la voix quelque peu féminine ont ce petit quelque chose de contagieux qui, là aussi, active directement les muscles moteurs. Celui qui permet d’agiter le genou d’avant en arrière par exemple.

Rone, Erwan Castex de son vrai nom, vague moustache et petites lunettes rondes, ressemble à tout sauf à un producteur de techno hype. C’est pourtant de la techno, la sienne, qu’il envoie au Dance Hall. L’effet est assez immédiat, peut-être parce qu’il n’y a là-dedans rien de lourdingue. Dû au tapis mélancolique et planant qu’on entend par-dessous les beats et les basslines ? C’est en tout cas soigné, dirait-on truffé de micro-samples, et puis assorti de projections aussi léchées et évocatrices que sa musique.

Machines toujours, mais celles de Mount Kimbie cette fois. Au Castello, lui aussi changé en four à cuisson instantanée. Dominic Maker et Kai Campos sont penchés sur leurs instruments : on comprend vite que les deux Londoniens sont passés à la vitesse supérieure. Ont tourné le dos aux délicatesses ambient et au minimalisme de l’album Crook & lovers ! Place à une certaine « efficacité », mais vu l’endroit, pourrait-on le leur reprocher ? Leur second album, Cold spring fault less young, est sorti chez Warp.

Retour sur la plaine, arrêt devant la Main Stage, celle d’où Skunk Anansie avait dû décamper en 2011 sous peine de se prendre de plein fouet la dramatique tempête que l’on sait. Toujours ultra expressive et sapée comme une Martienne mais pour le coup bien émue, Skin l’évoque, d’ailleurs, en réclamant du public un seul et même cri de 20 secondes. Comme quelques autres rescapés des nineties (Quicksand, Prodigy…), les Anglais font ici office de valeur sûre. A suivre : leur album acoustique annoncé pour septembre…

« Make some fuckin’ noise ! » Ou est-ce « Put your hands in the air », l’invitation la plus ouïe jusqu’ici ? Très entendu également : « Hey, Brussels ! » D’accord, « Hasselt », ça rime vaguement, mais quand même…

Didier Stiers

Didier Stiers

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3 commentaires

  1. Chris

    17 août 2013 à 18 h 14 min

    Sinon, y avait Daughter, Poliça ou encore Low aussi… non ???

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