Le live revient au centre de l’économie musicale

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Le live est revenu au centre de l’économie musicale. Au risque de faire flamber les prix. Guide des groupes à voir absolument en concert à bon prix avant la fin de l’année.

L’histoire commence toujours de la même façon. Internet a chamboulé les habitudes et avec elles l’industrie musicale. Les groupes et labels ne peuvent plus uniquement compter sur les ventes de disques, en constante diminution, pour survivre, mais doivent s’adapter. Pour les artistes, la solution est simple, vieille comme la musique : il faut jouer ! « Si tu ne tournes pas, t’es mort », résume JF du label liégeois JauneOrange.

Résultat, le live s’est (re)placé au centre de l’industrie musicale. Il y a le grand barnum des festivals qui font le plein chaque été, bien sûr. Mais durant l’année également, les concerts sont foison. « A la fin des années 90, on recevait par fax 20 à 25 offres de groupes par semaine, explique Kurt Overbergh, directeur artistique à l’Ancienne Belgique. Aujourd’hui, on est à 250 offres par semaine. »

La fréquentation des salles, elle, explose. En 2010, l’AB a accueilli 300.000 spectateurs soit une moyenne de 57 % de concerts qui affichaient complets, un record pour la salle née en 1979. Et la courbe ne cesse de grimper. Il y a quelques semaines, Pollstar classait l’Ancienne Belgique à la troisième position des salles (catégorie Club) les plus fréquentées au monde. Si les autres salles du pays n’atteignent pas ces sommets, le phénomène est bien là : le live se porte à merveille.

Pour Kurt Overbergh, il y a trois raisons à cela : tout d’abord, on l’a vu, le modèle économique des artistes a complètement changé et ils se doivent de tourner pour survivre ; ensuite, internet facilite la correspondance, notamment avec l’étranger ; enfin, « depuis une quinzaine d’années, le circuit s’est beaucoup développé en Belgique, il y a beaucoup plus de salles ». Des salles de toutes tailles et de tous styles pour tous les publics partout dans le Royaume.

La conséquence la plus directe de ce retour du live se trouve dans la poche du spectateur. Ou plutôt ne s’y trouve plus. En dix-quinze ans, le prix des billets de concert a sensiblement augmenté. Un concert à l’AB coûtait en moyenne 18 euros en 2001, aujourd’hui, il tourne autour de 25 euros et il n’est pas rare de voir des tickets à 30 euros ou plus. Dans les grandes salles, on joue la surenchère : de 35 à 80euros !

« C’est une question d’offre et de demande », tempère Kurt Overbergh. Et de cachet pour les artistes ? « Oui et non. Il faut mettre ça dans un contexte d’inflation. Tout devient plus cher. Sur les festivals, c’est vrai, les cachets ont énormément augmenté, mais en salle, ça reste contrôlé ». Cela est dû à un système de rémunération différent : « On travaille avec des pourcentages. Le modèle standard, c’est que dès que tous les coûts sont payés (son, sécurité, hôtel, promo…), l’artiste touche 80 % des recettes et l’organisation 20 % ».

Pour le reste, plus l’artiste est connu, plus les prix seront élevés. C’est comme ça que fonctionne le promoteur de concerts Live Nation, qui a le quasi-monopole sur les grands noms : « Si les prix de Live Nation sont plus élevés que pour les groupes organisés par l’AB, c’est parce que ce sont des groupes plus connus. »

En clair, tant qu’il y aura du monde aux concerts, il n’y a pas de raison pour que les prix diminuent. Reste l’autre solution, aller voir les groupes et artistes moins connus, dans de plus petites salles où le prix est fixe, et se laisser porter par l’inconnu. C’est encore le meilleur moyen de vivre une soirée qu’on qualifiera plus tard, quand le groupe en question aura atteint sa renommée, d’historique !

Journaliste lesoir.be

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