Noa Moon tout simplement

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Noa Moon publie cette semaine son premier album, « Let Them Talk ». Qu’elle présentera le 15 octobre au Bota.
Manon De Carvalho Coomans est Bruxelloise, a 22 ans et publie cette semaine le premier album de Noa Moon, Let Them Talk. Une belle histoire débutée en 2011 avec le single « Magic » qu’elle défendit la première fois aux Francofolies de Spa, avec les Tellers. Normal puisqu’entre-temps, le morceau avait servi une pub d’une eau minérale locale.

« Et puis j’ai aussi chanté trois chansons au Jardin de ma Soeur, un show-case pour professionnels : du coup, j’ai donné quelques interviews… »

La machine était lancée. Manon signe avec Team For Action et au printemps 2012 paraît l’EP River contenant le dorénavant fameux « Paradise ». En avril de cette année, Manon se voit remettre le Nielsen AirPlay Award récompensant l’artiste belge dont le morceau a été le plus diffusé sur les ondes en Belgique francophone. Merci Pure FM (et aussi un peu la Nuit du Soir à laquelle elle participe en 2012).

« Grâce au succès de la chanson, j’ai beaucoup tourné avec mon groupe. Pour moi, ce prix, c’est un peu le bon bulletin que je n’avais pas eu à l’école. »

Manon a étudié le cinéma à l’INRACI. Elle redouble sa première année en 2011 avant d’abandonner en 2012, non sans avoir réussi en première sess’ sa deuxième année.

« En fait, ma passion, c’est aussi le documentaire animalier. Je sais, ça fait rire beaucoup de monde, mais j’ai toujours aimé ça. La musique n’a jamais été mon ambition même si, toute petite, j’ai suivi des cours de guitare durant deux ans. Vers mes 16 ans, j’ai voulu rejoindre le groupe de copains de l’école et j’ai commencé à écrire mes premières chansons. Mais je n’ai jamais pensé en faire un métier. Après avoir raté ma première année à l’INRACI, j’ai tenté la BD, car j’ai toujours aimé dessiner, mais ça n’a pas marché non plus. J’ai donc recommencé mon année pour devenir réalisatrice de documentaires animaliers et comme j’avais de nombreuses dispenses, j’avais le temps de me mettre sérieusement à l’écriture de chansons, seule dans ma chambre, à nourrir mon Myspace. »

Manon aime la musique mais pas au point d’étudier le solfège à l’académie, comme ses deux petits frères. Son grand-père maternel lui a également donné le goût de la photo (et des paradis captés lors de ses nombreux voyages, à voir dans le livret du disque) mais sans plus. Il y a bien un piano à la maison – celui de sa maman qu’elle n’a pas vue beaucoup en jouer – mais ça ne lui dit rien. Son papa est né au Portugal – d’où son nom de Carvalho – d’une mère portugaise et d’un père belge et les Coomans font partie de ses nombreux Bruxellois francophones vivant en périphérie flamande.

« Ils m’ont inscrite au collège Vallée Bailly de Braine-l’Alleud car c’était une bonne école que je rejoignais en bus en vingt minutes. Mais à l’époque, je ne connaissais aucun des musiciens du collège cardinal Mercier voisin qui formeront ensuite les Girls in Hawaii, Tellers ou Lucy Lucy car ils étaient plus âgés que moi. »

Le lien avec cette scène, c’est en fait Antoine Lescart, de Nada, qui va le faire. Cette rencontre avec celui qui est toujours son manager est essentielle : « Il est de fait le premier à avoir cru en moi. Comme il a cinq ans de plus que moi, il m’a véritablement prise sous son aile. »

Le succès de « Paradise » pousse l’équipe à mettre le turbo. Surtout que la France, par le biais du label Atmosphériques (Louise Attaque, Louis Chedid, Charlie Winston…) dirigé par le Liégeois Marc Thonon, se montre intéressée et lui propose un contrat de licence. Son idée : rééditer « Paradise » en français en duo avec un certain Malo qu’on a pu voir à ses côtés cet été à Spa : « En fait, on a essayé de sortir la même version qu’en Belgique mais certaines radios n’en ont pas voulu. Une question de quotas paraît-il. Donc, on a fait ce duo avec Malo qui est un peu connu en Australie et qui vient aussi de signer avec Atmosphériques. »

Thonon avait déjà fait le coup avec Saule et Charlie Winston, sans trop le regretter. L’étape suivante est l’album qui sort cette semaine : « Comme il y avait une certaine attente, il a fallu qu’on se mette à bosser sérieusement avec mon équipe. J’ai repris d’anciens morceaux mais qui, en live, avaient déjà beaucoup évolué. J’ai beaucoup travaillé les textes et mon accent anglais. Même si j’aime bien Fauve, je me vois mal chanter en français pour le moment. À Spa, j’ai chanté “Paradise” dans les deux langues en guise de compromis. J’ai toujours aimé les langues. À l’école, j’étais en histoire et langues : anglais, espagnol et néerlandais. Je n’ai jamais beaucoup aimé les sciences, raison pour laquelle j’ai eu tant de mal à l’INRACI qui était très technique tout de même. »

Aujourd’hui, plus personne ne doute que Manon est faite pour écrire des chansons et chanter. Elle a véritablement trouvé sa voie. Le mot qui lui colle le plus souvent à la peau est « fraîcheur ». Sa simplicité, son naturel sont une force donnant d’elle l’image d’une femme non sophistiquée : « Je ne me force pas. Passer trois heures tous les matins pour me maquiller n’est vraiment pas mon truc. J’aime la simplicité même si j’apprends aujourd’hui à m’habiller. Je participe au programme des Jeunesses Musicales et j’aime toujours passer beaucoup de temps à discuter avec les élèves. »

Ce non-look de Manon en devient un : celui du naturel inspirant de nombreux ados plus attirées par ça que par les looks sophistiqués vus notamment à des émissions comme The Voice. Une image résume bien Manon : celle laissée par le clip de « Paradise » tourné dans les gorges du Verdon avec le saut à l’élastique : « C’est une idée du réalisateur belge Pierre Stine, qui travaille pour Rendez-vous en terre inconnue. Il avait en tête un documentaire sur ces gens qui sautent dans le vide. J’aimais bien le parallèle avec la chanson et la philosophie de profiter de la vie tout en prenant des risques. Un peu comme en musique. Ma vie a plus de sens aujourd’hui. Sans être pessimiste, je suis aussi consciente que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Je bosse du mieux que je peux et suis assez exigeante, trop parfois. Je suis en tout cas très contente du résultat de ce premier disque. »

Noa Moon présentera son album au Botanique le 15 octobre. Infos : www.botanique .be et www.noamoon.com

“Let them talk” : notre critique ***


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