Les news inutiles #34: spéciale chansons tristes

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Cette semaine, on déprime en faisant le point sur les chansons tristes. Etienne Daho a failli mourir, il se console comme il peut; Mazzy Star est de retour, dix-sept ans après; et Colin Greenwood de Radiohead s’ennuie ferme.

Tristesse: envahissement de la conscience par une douleur morale ou par un malaise qui empêche de se réjouir du reste.

Ce sont les Inrocks qui ont lancé l’affaire. L’automne à peine arrivé, hop, chacun balançait son top 5 de chansons les plus tristes. Sans plus d’explication. Ça en méritait pourtant. Les chansons tristes, tout de même, c’est quasi l’essence, non ? Car bon, la déprime serait carrément déprimante sans chansons.

Déjà, il convient de ne pas confondre la tristesse et la beauté. C’est pas parce que la chanson est triste qu’elle est forcément belle. Et, Jésus soit loué sur sa croix, les belles chansons ne sont pas exclusivement tristes ! Et puis, triste n’est pas noir ni glauque ni énervé. Ni même désabusé. Quoique tout soit relié, que les sentiments se recoupent et bien souvent se mélangent.

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Triste, c’est quand l’espoir n’est plus, que la force nous a lâché et qu’on reste là seul comme un con sans plus savoir que foutre. Fin de la route. Plus de recours, la chose est dite et s’il n’y a rien que tu puisses y faire, tu n’acceptes toujours pas. Triste, quoi. Et puis, le truc avec la chanson triste, c’est qu’elle est forcément subjective, attachée de près au vécu. C’est pour ça qu’elle importe à ce point, la chanson triste.

Et donc! Allons-y de notre petit florilège perso que l’on vous invite à venir enrichir. Autant déprimer ensemble, c’est plus sympa! Seule restriction : n’ont pas été qualifiés pour l’exercice les suicidés (exclus donc Nirvana, Joy Division, Nick Drake – Nick Drake!-, Sparklehorse, Elliot Smith et j’en passe)… et les Smiths. Car bon, ce serait trop facile.

Sophia, ‘Is It Any Wonder’

Le singer-songwriter, seul avec son désarroi et sa guitare sèche, est le prophète de la chanson triste. De cette époque du milieu des années 90, il y en a foison dont la dépression a été la muse inespérée. On aurait pu prendre Smog, Palace, Low (cité deux fois par les Inrocks!), Elliot Smith (ah non ! Suicidé!) voire Beck (« Mutations »!). Nous, c’était plutôt Robin Proper-Sheppard avec son premier album d’après God Machine.

Diabologum, ’365 jours ouvrables’

Ah ! L’école française. Cas particulier, exception culturelle oblige. Ce n’est pas tant dans la musique que le sentiment passe, mais bien dans les paroles. Comprenez, la langue frrrrrrrrrrançaiseuh ! Et là, comme il se doit dans l’Hexagone, la tristesse se mue en constat sans appel, désespoir généralisé, sentiment désabusé rationalisé comme un discours de la méthode. En clair: c’est bien plombé sans qu’il y ait de raison spécifique à cela!

The Cure, ‘Faith’

A contrario, l’école anglaise, faisant le même constat de « rien ici, tout ailleurs », est pleine d’images fantasmées et adolescentes du poète d’un autre âge qui sort de la brume du temps. S’évader vers un ailleurs inatteignable et inexistant, ça aide. Enfin, pour un temps, seulement , parce que, avouons-le, ça ne mène pas bien loin.

The Verve, ‘History’

Il est évident que la rupture amoureuse est LE sujet de prédilection de la chanson triste. Les violons ont toujours ce petit plus larmoyant qui soutient parfaitement le propos. Et puis, des paroles qui te parlent, c’est essentiel.

Smokey Robinson, ‘Tracks Of My Tears’

L’école soul américaine, elle, a cette faculté d’avoir la tristesse tellement classe qu’elle donne envie de se déhancher. Le sentiment s’en trouve relevé. Toujours déprimé certes, mais avec style ! Et c’est la beauté qui fini par prendre le dessus. La classe !

Ensuite, ça se passe de commentaires. Les maîtres du genre, tout simplement.

Mark Lanegan, ‘Kimiko’s Dream House’

Nick Cave, ‘Far From Me’

Jeff Buckley, ‘Hallelujah’

Conclusion qu’on laisse à ce bon vieux Kerouac tel qu’il l’écrivait dans le bien nommé « Tristessa » : « The beauty of things must be that they end ».

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Sur ce, il est peut-être temps de changer de sujet…

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Journaliste lesoir.be

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