Pete Doherty, le funambule punk toujours sur le fil

Babyshambles in concert

L’Ancienne Belgique est complète jeudi soir depuis des semaines pour l’escale belge des turbulents Babyshambles emmenés par le moyennement assagi Pete Doherty.

Cette tournée européenne est l’occasion pour le quartet anglais de présenter les chansons de Sequel to the prequel, l’excellent troisième album des Anglais. Mais avec l’artiste, c’est peu d’écrire que c’est toujours un peu le quitte ou double. A l’intérieur de la salle, le « Pretty in Pink » des Psychedelic Furs suivi par un « Security » d’Otis Redding s’échappent des enceintes et annoncent l’arrivée du groupe. Qui déboule à 21 heures précise. On a beau dire ce qu’on veut sur le chanteur et guitariste, le jeune homme est ponctuel.

L’immédiat « Delivery » (emprunté au deuxième album Shotter’s Nation) lance les hostilités. Les bières volent, le public est chaud tandis que sur scène, ça ressemble déjà à un joyeux bordel. Pete siffle sa bière, Mick Whitnall (guitare) mouline, le son est approximatif, la voix aussi. Avec « Nothing Comes to Nothing », premier des nombreux extraits de Sequel to the prequel hier, on espère que les choses vont s’arranger mais l’illusion est de courte durée.

Doherty a l’air gentiment cuit ou simplement ailleurs. Il joue et chante de façon inconstante et nonchalante. Quand le groupe entame le ska « Seven Shades », c’est carrément en dessous de tout.

Mais le jeune homme reste attachant. Et sympa. Il distribue des bières dans le public qu’il rejoindra à plusieurs reprises le temps de quelques plongeons, reçoit une peinture d’un fan ou balance ses mégots de cigarettes dans l’assemblée. Qui reste avenante et régulièrement, on aperçoit une ou deux bières s’élancer dans les airs. Reste que Pete Doherty, en bon punk qu’il est, n’en a rien à cirer, il déroule ses chansons comme si il faisait ses courses au supermarché du coin. La deuxième moitié du concert sera un peu plus flamboyante (« Killamangiro » par exemple) où les Babyshambles ressuscitent l’esprit du Clash de Joe Strummer.

Pete Doherty est un pur qui ne semble jamais autant heureux que dans le chaos. Dommage qu’avec le répertoire qui est le sien, l’interprétation des morceaux ne soit pas à la hauteur. Quant à la dernière salve, l’hymne définitif « Fuck Forever » repris en chœur comme il se doit, il a mis tout le monde d’accord. Laissant au spectateur un sentiment mitigé. Entre frustration et plaisir face à cette irrévérence et ce je m’en foutisme qui manque trop souvent au rock aujourd’hui.

PHILIPPE MANCHE

(Photo archives)


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