Deux types qui font bien les choses

Frontstage - Aral & Sauzé

Le volet rap du festival Lezarts Urbains qui vient de commencer se découpe cette année entre France, Grande-Bretagne et Belgique. Aral & Sauzé seront de la fête.

Il est tout frais dans les bacs, ce Connection ! Les deux dj’s/mc’s/beatmakers verviétois y ont gravé dix ans de travail, d’efforts, d’espoirs aussi. On résumera en disant qu’ils ont mis le temps parce qu’ils ont voulu tout bien faire et ne pas se tromper. Au final, Aral & Sauzé, c’est aussi une galette qui donne envie d’aller voir comment un duo de trentenaires porte sur scène un disque attrayant par son emballage et son contenu.

Il y a sur cet album un petit parfum d’années 90, au moins en termes de sonorités. Cela veut-il dire que le rap tel qu’il est en 2014, c’est moins votre truc ?

Aral : Anthony et moi, nous n’avons pas cette notion d’old school/new school comme d’autres peuvent l’avoir. Soit on fait de la musique intemporelle, et donc on peut écouter des morceaux des nineties aujourd’hui, soit on fait des morceaux qui passent beaucoup pendant un moment puis ne restent pas dans le temps. Qu’il y ait des influences nineties sur l’album, c’est fatal : c’est de là que nous venons. Mais il y a aussi des influences eighties parce que j’ai samplé des trucs très électro années 80, ou du rock… Parfois, je me dis que même des titres « actuels »… Bruno Mars : pour moi, ça sonne très ancien, et pourtant, c’est on ne peut plus actuel. Dire « ancien » est parfois même un peu péjoratif. Malgré le fait que la tendance actuelle soit au retour à des trucs très nineties, effectivement. Mais bon, on sait bien que tout recommence toujours, que ce sont des cycles…

Clips soignés, même chose pour le graphisme et l’artwork : vous avez le souci de l’esthétique ?

C’est vraiment important ! On a tendance à prendre le rap pour ce qu’on voit, c’est-à-dire un mec qui rappe et un couplet. Nous, nous voulions avoir une identité, plus qu’une case. Pour ça, il ne faut pas juste avoir un nom ou être dans la case « ce mec fait du rap », « du jazz », « du rock »… Dès qu’on voit quelque chose qui a trait au groupe, il faut que ça renvoie à une sorte de point de ralliement. Ce qui n’est pas possible s’il n’y a pas un minimum d’esthétique, une présentation, un logo, une typo propre au groupe… Trouver une identité nous a pris du temps, vu que c’est vraiment sur cet album-ci que tout ces éléments sont rassemblés. Je me dis que si artistiquement, tu n’essaies pas d’avoir un truc complet, ça va fatalement poser un problème quelque part à un moment donné. Autant dans l’esthétique que dans la couverture ou la présentation scénique… Le travail de ces concerts, c’est vraiment très important. On peut avoir la plus belle pochette du monde, deux très chouettes clips, peu importe : si sur scène le groupe se mange, il se mange !

Quelques recommandations ? Là, je m’adresse plutôt au producteur…

Un groupe avec lequel j’ai beaucoup travaillé, toujours fidèle à ce qu’il fait, toujours bien, c’est Dope ADN. Et honnêtement, ce n’est pas parce que nous sommes à l’affiche, mais la programmation du 22 mars au festival Lezarts Urbains est vraiment très, très représentative de ce qui se passe pour l’instant. Il y a ce jour-là L’Or du Commun (dans le genre « nouveau groove »), avec qui j’ai eu le plaisir de collaborer sur un titre, et Ligne 81 qui est vraiment très bien aussi.

Didier Stiers
- Le 22 mars au Botanique. Suite de l’interview lundi 17 mars dans les pages culture du Soir.
- Festival Lezarts Urbains 2014 : avec, entre autres Melanin 9 et Froesheleirs (le 14), Les Sages Poètes de la Rue et Tonino (le 15). Programme complet : www.lezarts-urbains.be.

Didier Stiers

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