Tindersticks et Mélanie flamboyants à Bourges

Les Tindersticks en la cathédrale Saint-Etienne.

Une création, cela devient rare dans les grands festivals. Le Printemps de Bourges tient malgré tout à préserver son rendez-vous annuel dans la cathédrale. L’an dernier, Patti Smith prenait d’assaut le vénérable édifice religieux dont la construction a débuté fin du XIIe siècle. Ce vendredi, l’honneur d’occuper la scène installée en plein chœur était dévolu aux Tindersticks qui fêtent leurs vingt ans d’enregistrement.

L’occasion faisant le larron, Stuart Staples a tenu à entourer son groupe d’une section à cordes et d’inviter aussi bien Catherine Ringer pour chanter Lhasa que Cascadeur pour un rappel extatique. Le gothique flamboyant de la cathédrale Saint-Étienne était tout ce qu’il fallait pour faire résonner toute la magie de la musique délicate du groupe de Nottingham.

Comme quoi, tout est possible dans les festivals rock, comme d’inviter Mélanie De Biasio mais en veillant à lui trouver samedi un écrin adapté, comme l’Auditorium. Mélanie, dans un silence complet, a pu livrer à souhait la finesse de ses vibrations, ses chuchotements, ses silences. Le tout avec le sourire et un light-show sophistiqué. Mais il n’y a rien à faire, ces musiques spirituelles et introspectives ne sont pas faites pour le plein air ou même les chapiteaux (comme à Werchter bientôt), même s’il est plaisant de voir des festivals rock s’ouvrir au jazz.

L’artiste carolo était la cinquième artiste belge à l’affiche du Printemps 2014: un record. La veille, le groupe Robbing Millions représentait notre pays dans la section découvertes (les Inouïs), une compétition dont le président du jury n’est autre qu’Albin de la Simone. Malgré l’heure quasi matinale et un public réduit à quelques professionnels, voici ce qu’a dit de leur brève prestation Le Berry Républicain, titrant «La scène indie à son plus haut niveau». Mais encore: «La scène belge est vraiment prolifique et très présente pour cette édition. (…) Une musique au son à nul autre pareil avec des guitares omniprésentes emplissant la salle de riffs attirants. (…) La Belgique enchante!». Un groupe qu’on retrouvera avec plaisir à la Nuit du Soir du 24 septembre.

Faut dire que les festivaliers ne sont pas encore remis des prestations unanimement saluées par la presse, de Stromae et des Girls in Hawaii. Paon, programmé sur une scène off gratuite, en plein boulevard aux merguez, a eu moins de chance, leur concert ayant été écourté. Outre la présence belge, on retiendra aussi de cette 38ème édition qui s’est terminée dimanche les concerts exceptionnels de Détroit, de Fauve et de Cascadeur.

THIERRY COLJON


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