La belle label night de My TV Is Dead & co

Frontstage - Dépôt 214

Le label bruxellois Dépôt 214 s’offre une soirée spéciale ce jeudi à l’Ancienne Belgique. My TV Is Dead, David Lund et Cecilia::Eyes y afficheront leur(s) différence(s).

Ces trois groupes, de fait, s’expriment dans des styles bien variés. Outre My TV Is Dead (Amaury Massion et Joël Grignard, sur la photo ci-dessus), déjà présenté plus tôt dans l’année à l’occasion de la sortie du nouvel album, le programme de ce jeudi annonce aussi David Lund, aux univers proches de ceux de David Sylvian et autre Thom Yorke (dixit l’AB), mais également Cecila::Eyes, dans un style plutôt post- et math rock.

Autant d’occasions donc de s’ouvrir les esgourdes à d’éventuels autres plaisirs, à une  palette sonore qui va bien au-delà des produits dûment formatés habituellement de circonstance. Et dont la mise en valeur n’est qu’une partie du (gros) boulot qu’abat Joël Grignard, toujours seul à la gestion du label…

Musicalement parlant, l’affiche semble refléter la philosophie du label, c’est-à-dire l’envie d’être plus varié et non pas spécialisé…

Exactement. Depuis toujours, Dépôt 214 a produit des groupes assez différents, des coups de cœur en général, et c’est vrai que contrairement à d’autres labels, il est assez éclectique. Parce que j’écoute des choses assez différentes, et que ça me plaît de produire et de diffuser des groupes pop, électro, post-rock, de chanson française, expérimentaux, etc. C’est aussi un plaisir personnel. Alors, c’est vrai que ce n’est pas la manière la plus facile de faire, parce qu’on ne peut pas s’adresser toujours aux mêmes personnes pour la diffusion. Quand on a 15 adresses pour un genre, on ne peut pas les utiliser pour un autre, et c’est donc plus de boulot. Mais je fais ça avant tout pour le plaisir, et je n’ai pas envie de me cantonner dans un style.

L’accueil réservé au dernier My TV Is Dead a été plutôt bon. C’est prometteur pour la suite ?

C’est vrai que ça se passe plutôt bien du côté des radios, en tout cas en Belgique… Mieux que pour le premier album. Le premier album est sorti en Suisse et en France où il a bien fonctionné, et puis moins bien en Belgique. Cette année-ci, on s’est bien entouré pour la promo aussi, en supplément à la promo spécifique du label, et ça se passe mieux. Est-ce qu’on bénéficie de l’impact du premier et qu’on a un peu plus de poids quand on se présente aux radios ? Ou est-ce que c’est la production du deuxième album qui va un peu plus dans le sens de ce que les radios apprécient ? Je ne sais pas… En tout cas, c’est clair que ça se passe mieux, au niveau de la diffusion radio. Maintenant, ça pourrait encore mieux se passer : on pourrait imaginer une diffusion sur toutes les radios pendant deux ou trois mois, comme ça arrive pour certains artistes belges, Stromae ou Puggy par exemple. On les entend partout, ils jouent partout… On a besoin des radios, des médias pour jouer. Aujourd’hui, on fait sa vie sur scène, La presse nous soutient bien, c’est chouette. Mais quand je fais appel à un programmateur de festival ou de club en tant que bookeur du label, il me demande si ça passe en radio ou s’il y a un single, avant même de s’intéresser au style musical. C’est un peu dommage que ça se déroule comme ça, mais c’est une réalité à laquelle on doit faire face dans notre quotidien.

Monter soi-même une soirée comme celle de ce 8 mai est aussi une manière d’échapper à ce formatage, au passage obligé par les singles et les radios ?

C’est clair. Quand on organise une telle soirée avec le label, c’est aussi un risque qu’on prend, mais là, l‘Ancienne Belgique et la presse nous suivent. Ça fait plaisir, ça veut dire que tout n’est pas perdu, que tant qu’il y aura de la musique et des gens motivés, les choses pourront se faire quoi qu’il arrive.

Tu as des projets, côté label ?

La soirée de jeudi mettra en avant trois groupes qui viennent de sortir ou sortent un album. Pour My TV Is Dead, c’était au mois de janvier. David Lund et Cecilia::Eyes vont sortir le leur en mai et en juin. Il y aura tout un travail de diffusion et de promo à faire. Rien qu’avec ces trois groupes, il y a déjà pas mal de boulot pour une bonne année au sein du label. Ensuite, Catherine Graindorge revient avec un nouveau projet, en collaboration avec Hugo Race : ils seront présents le 16 mai aux Nuits Botanique, et ils m’ont invité à les accompagner en tant que musicien. Dans les jours qui suivent, on se retrouvera au Rubens Studio – un nouveau studio que je gère à Bruxelles -, pour enregistrer l’album qui sortira sur le label, sans doute à l’automne.

 

Didier Stiers
(Photo : Philippe Grignard)

Infos : www.abconcerts.be

 

Didier Stiers

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