Ils protestent, les Tropic !

Frontstage - Belgians

Après l’avant-goût à Dour, la « version définitive » aux Nuits Bota : The Experimental Tropic Blues Band propose avec The Belgians une vision décalée et décapante de notre Plat Pays qui est le mien. Faites-vous une idée avec ce clip tout chaud illustrant « Disobey » !

 

Et donc, par une belle après-midi ensoleillée du mois d’avril, les trois Tropic se sont penchés avec bibi sur le potentiel shocking de leur alter-ego des Belgians, dont l’album est annoncé pour octobre. Question : peut-on encore remuer facilement les gens de nos jours, leur faire dresser les tifs sur la tête et monter la bave aux lèvres, comme le fit par exemple en son temps un Gainsbourg avec sa « Marseillaise » reggae ?

Jean-Jacques : Je crois qu’il y a toujours moyen de choquer, mais tout dépend de la « couche » de population. Les plus ouvertes, c’est compliqué, mais les royalistes, par exemple, peuvent être facilement choqués.

David : Le problème, pour choquer les gens, c’est qu’il faut être diffusé, et c’était le cas de Gainsbourg. Il est passé à fond sur les radios. Ce qui n’est pas notre cas…

Jérémy : Même avec notre spectacle, je ne pense pas qu’il y a encore moyen de choquer les gens avec la musique. Ce qu’on propose n’est absolument pas choquant. Je veux dire : on aurait vraiment pu tomber là-dedans… Ensuite, c’est un peu subtil, et je ne sais pas si les gens captent le truc, quoi : un des morceaux s’intitule « She could be my daughter » – et pourtant je me la tape, tu vois ?-, et on a des images de la Marche Blanche.

D : Moi, je crois que c’est plus dur de choquer aujourd’hui…

J : Tu as plein de trucs ultra choquants sur Internet. Tu peux voir des gens se faire lapider et d’autres trucs atroces !

JJ : Mais bon, ça n’empêche pas que dans le mainstream, il n’y a pas grand-chose de choquant. Quelque part, c’est filtré. Et oui, quelque part, on a aussi tout vu : des gens qui se foutent à poil, qui se droguent, qui jettent de la merde… Les artistes ont déjà tout fait, d’une certaine manière. Tu vas t’amener avec le drapeau belge et puis le brûler : est-ce que les gens vont être choqués ? Tout dépend de l’endroit où tu le fais. Marilyn Manson qui brûle le drapeau américain, apparemment, eux, ça les choque déjà plus vite. Nous, nous sommes quand même un peu blasés !

D : Mais notre spectacle n’est pas fait pour choquer.

JJ : Non. Il faut quand même que ça interpelle et que ça soit marrant.

J : On n’a jamais été un groupe choc, pour choquer. Même…

JJ : … la bite électrique, en son temps, a quand même choqué deux ou trois personnes.

J : C’était quand même minime par rapport à ce qu’on a fait ! Et ça n’a jamais été fait dans un esprit de provocation. C’était un truc sympa : Iggy Pop, je sais pas, mais Tropic, c’est pas réfléchi. Tout nous tombe dessus comme ça, et on le fait naïvement. Ça a toujours été comme ça, pour nous. Nous avons toujours été naïfs. Nous faisons des choses parce que nous avons envie de les faire, et parce qu’on nous demande de les faire. Les projets nous tiennent à cœur, quand même !

 

Didier Stiers

The Belgians aux Nuits Botanique, mercredi 21 mai, dans le cadre de la Nuit Belge.

 

Didier Stiers

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