La mise en bouche Black Lips

Frontstage - Black Lips

Les quatre d’Atlanta ont investi l’Orangerie, ce mardi. Une grosse heure de punk’n’roll joyeux, sans prise de tête. Mais on ne nous enlèvera pas de l’idée que ça aurait pu être bien plus rigolo.

En mars dernier sortait Underneath the rainbow, le p’tit dernier du groupe, en partie concocté avec Patrick Carney, ci-devant moitié des Black Keys. Certains ont apprécié, d’autres moins. Mais que la patte de ce dernier (et de son comparse Dan Auerbach aussi, d’ailleurs), fasse ou non pousser des plaques d’eczéma chez l’auditeur plus ou moins amateur de trucs un rien rough, peu importe : sur papier, un live des Black Lips, ça déclenche toujours des frétillements d’hormones. Surtout quand on a consciencieusement raté tous les précédents passages du groupe dans nos contrées !

Sur scène, l’attitude est celle de potaches. Qui n’en ont rien à secouer de la présentation. Et ont explosé leur budget « production » dans l’achat d’un drap de lit (deux personnes) et de quelques bombes de spray pour y dessiner des fleurs et écrire – ben ouais – « Black Lips ». Bien sûr, l’essentiel est ailleurs. Il est dans ces titres démarrant la plupart du temps dans le bordel auquel on s’attendait, et qui s’enchaînent sans aucune rallonge inutile. « Raw meat », « Dirty hands »« Bad kids », et même un frotting blues comme « Boys in the wood » : on se laisse emballer par ces refrains dans lesquels on retrouve un peu du savoir-faire des Buzzcocks et des Ramones. Et au final, on se dit : « Bon petit concert, ça ! » Avec un fumet sixties qui rend ce rock garage pas mal délectable. En même temps…

© Crollette

© Crollette

En même temps, l’idée s’impose aussi que tout ce qu’on vient d’entendre, et surtout de voir, manque d’un petit grain. Qu’un groupe au cv aussi lourd se mette aussi peu « en danger », c’est comme qui dirait un poil frustrant. Les rouleaux de pq qui volent, suivis par les gobelets vides ou pleins de bibine, les ceusses qui tentent de monter sur scène (visiblement moins nombreux qu’aux Nuits 2011), aussitôt délogés par le personnel adéquat qui veille sur ses protégés sans prendre de gants, le crowdsurfing, ce que Cole Alexander a manifestement gobé avant de débarquer à Bruxelles, tout ça : oui, il se passe des trucs, mais franchement, ce n’est pas non plus le souk débridé auquel on s’attendait.

Rattrapage de sauce cet été au Pukkelpop ? Obligé, sans quoi de vilaines rumeurs d’assagissement ne tarderont pas à se propager ; les gens sont tellement médisants !

Didier Stiers

Didier Stiers

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