Bob Mould, le grand frère d’Amérique

Bob Mould

Bob Mould, influence majeure de la galaxie Pixies/Nirvana avec Hüsker Dü, sort avec « Beauty & Ruin » son 11e album solo.

C’est à la Huis 23 de l’Ancienne Belgique que l’ancien chanteur et guitariste des légendaires Hüsker Dü et de Sugar tenait salon le 29 avril dernier. L’objet de cette visite bruxelloise : le nouvel album solo de Bob Mould. Un disque pas loin d’être impeccable (voir ci-contre) où le citoyen de San Francisco excelle dans l’alternance de mélodies touchantes et pop, et de déluges électriques faussement abrasifs.

Est-ce qu’on peut voir ce « Beauty & ruin » comme le dernier volet d’une trilogie entamée par « Life and times » ?

Je ne sais pas. Celui-ci est quand même assez différent. Je pense plutôt que ce disque est un package de tonnes de choses qui se sont déroulées dans ma vie depuis trois ans avec la sortie de mon autobiographie See a little light : the trail of rage and melody. J’ai quand même passé deux années à l’écrire, j’ai travaillé dur parce que je ne suis pas le genre de type à regarder ce qu’il a fait dans le rétroviseur. J’ai surtout appris beaucoup de choses à mon sujet.

Pendant l’écriture ?

Oui, pendant l’écriture, c’était très éprouvant. Certains souvenirs étaient flous, j’avais de gros problèmes d’alcool à l’époque. Bref ! Ensuite, j’ai fait des choses avec les Foo Fighters et fin 2012, à Los Angeles, j’ai eu droit à un concert hommage de mon travail au Walt Disney Concert Hall. Il y avait beaucoup de monde. Dans la salle et sur scène avec moi : Dave Grohl, Ryan Adams, Britt Daniel de Spoon…

Ce concert de Los Angeles, cette reconnaissance de vos pairs et de votre influence, vous l’avez vécue comme une espèce de consécration ?

Ça fait quand même de nombreuses années que je rencontre des gens qui me disent que mon travail a une influence sur leur musique. Mais d’un seul coup, avoir tout ce monde sur scène, qui reprend une chanson à toi, c’est quand même gratifiant. J’apprécie encore plus aujourd’hui le sens de ce concert.

Ensuite, il y a eu la tournée anniversaire de Sugar, l’enregistrement de Silver age… J’ai aussi perdu mon papa à l’époque alors que je m’étais engagé dans une longue tournée. En 2013, je me suis posé chez moi et j’ai commencé à écrire, c’est ce que je raconte dans ce nouveau disque, mes expériences de ces trois dernières années.

Que raconte la chanson « Little glass pill » ?

C’est une métaphore sur toutes ces évolutions technologiques à l’image de l’iPhone, par exemple. Ce n’est pas une histoire compliquée. On apprend tellement avec toutes ces choses-là mais il faut faire attention à cette surinformation. A Paris, c’est déjà hallucinant de voir les gens les yeux rivés à leurs tablettes et portables. Par contre, à San Francisco, il n’y a pas une seule personne qui marche en regardant devant soi. C’est un nouveau monde.

Dans « The war », vous dites qu’il ne faut pas renoncer. Vous n’êtes pas du genre à baisser les bras ?

C’est une chanson très physique, c’est presque un hymne. Vivre est une guerre en soi. Une relation affective peut virer en guerre des tranchées. Il est aussi question de choix par rapport au temps qui nous est imparti. Je n’ai pas encore la réponse.

Qui est ce monsieur Gris de la chanson « Hey Mr Grey » ?

C’est moi, j’essaie de me moquer de moi-même. Avec beaucoup de spontanéité.

PHILIPPE MANCHE

 


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