Ed Sheeran et le prince Williams

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Le deuxième album du jeune Anglais sort ce 20 juin, précédé par un single commis avec l’inévitable Pharrell Williams

Le disque, qui fait suite à + (ndlr : Plus) sorti en 2011, vendu au-delà des 4 millions d’exemplaires et maintes fois récompensé, s’intitule X. Ou Multiply, dans sa version originale. Tout un présage ? En ce début avril, au Sarm Studio (le QG de Trevor Horn) où il le présente à la presse, Ed Sheeran ne se prend pas la tête : quelques mots pour raconter les chansons, une guitare acoustique pour s’accompagner sur l’une ou l’autre d’entre elles, c’est sobre, mais ça ne masque en rien le potentiel de cette deuxième galette. S’il glisse ici et là du « frustration » et du « dépressif » dans ses commentaires, on ne s’y trompe pas : à 23 ans le « gamin » de Halifax ne manque pas d’humour.

Il est d’usage de dire que le dernier album en date est le meilleur…

Tout le monde dit ça, et je ne vais pas prétendre le contraire. Ce disque, c’est le résultat de trois ans de tournée, de travail avec différentes personnes, ce qui amène de l’expérience, d’écriture de nombreuses chansons, et d’un choix soigneux pour en extraire les meilleures… Je pense que c’est un bon disque, oui. Il s’est construit petit à petit, les morceaux étant achevés les uns après les autres. J’aime aussi beaucoup cette idée de sortir un single relativement tôt par rapport à l’arrivée de l’album. Ça lui permet de rester un peu sur le marché plutôt que de l’inonder, ou d’essayer de l’inonder en deux ou trois mois avec un maximum de titres.

Ecrire sur la route, est-ce facile ?

Ce n’est pas vraiment compliqué. Mais je ne dis pas que ce n’est pas du travail. Et puis, avais-je le choix, si je voulais que ce disque sorte ?

La dépression et la frustration figurent-elles parmi vos sources d’inspiration ?

Pour être honnête, j’ai dans un premier temps dit ça pour essayer de détendre un peu l’atmosphère avant le showcase. Pour faire rire. Mais c’est quand même un peu la vérité aussi. Pour moi, les chansons sont un bon moyen d’évacuer des trucs, c’est une thérapie en somme. Je ne suis pas quelqu’un qui se met vite en colère, mais quand je suis fâché, je ne cogne personne, je mets ça dans un morceau. Même chose pour le côté dépressif : plutôt que de me laisser aller, j’écris une chanson !

C’était une surprise, de travailler avec Pharrell ?

Oui ! En fait, il a tweeté à propos de mes chansons, ensuite, je l’ai rencontré aux Grammies, puis on s’est dit qu’on devrait aller en studio ensemble…

Vous avez dû vous « défendre », pour préserver un minimum de votre style ?

J’ai chanté sur sa musique en restant moi-même le plus possible. Parce que, bien sûr, le « backing track », c’est du Pharrell. Mais je voulais être sûr que ma manière de chanter, de porter le texte, mon texte – je l’ai écrit dans le studio – soit… moi !

Que vous a-t-il apporté ?

Il m’a emmené tellement loin de ma zone de confort ! C’est aussi une expérience, ça ! Et je n’aurais jamais enregistré une chanson comme celle-là si j’avais travaillé dans mon coin, par mes propres moyens. Jamais ! C’est vraiment lui qui m’a poussé dans cette direction.

L’album compte aussi un titre, « Take it back », où vous rappez à propos de vous : est-ce plutôt en tant qu’artiste ou en tant que personne ?

Il y est question d’à peu près tout ce qui m’est arrivé dans cette industrie au cours des trois dernières années. C’est aussi un peu tout ce que j’avais envie de me sortir de la tête. Mais je voulais que ce soit fait de manière un peu constructive. Ce n’est pas juste une avalanche de coups de gueule. J’ai aussi eu envie d’y mettre un minimum d’humour.

C’est votre tasse de thé, le rap ?

Oui, j’aime bien. Ça m’a pris du temps, pour l’écrire. Je peux terminer une chanson en trois heures, mais pour ce rap, il m’a fallu trois ans ! Je ne suis pas un rappeur, donc j’ai décrété que si je voulais rapper, ça devait être le meilleur truc que je puisse sortir, et que, couplet par couplet, ça puisse être du niveau des rappeurs. Pas nécessairement meilleur, mais en tout cas pas pire ! Et si j’aborde une nouvelle culture, je veux le faire respectueusement, certainement pas à moitié !

Le hip-hop ne fait pas partie de votre background ?

Non, mais le premier disque que j’ai acheté quand j’étais gamin, c’était le Marshall Mathers lp d’Eminem. Inconsciemment, c’est peut-être ça qui m’a poussé à rapper…

Vous vous en prenez au NME, dans « Take it back » : pourquoi ?

Je dis effectivement : « Je n’ai pas d’ennemi à part le NME », et que je vends le double de ce que vend le magazine. En 2012, ils ont commencé à s’en prendre à moi : ça a été une véritable « hate campaign », mais à mon égard, pas à l’égard de ma musique. Qu’on n’aime pas ce que je fais, qu’on écrive des critiques négatives, ça me va parfaitement. Mais je ne leur ai jamais rien fait en tant que personne ! En réalité, ils n’ont jamais aimé mes disques, je ne me suis donc pas retrouvé encensé un jour et descendu le lendemain comme c’est souvent le cas chez eux. Bon… en même temps, quand je dis que je vends deux fois plus qu’eux, ce n’est pas vrai, je vends beaucoup plus, et eux, plus tellement…

 

 

Le 15 août au Pukkelpop. La suite de cette interview sera publiée à cette occasion.

Didier Stiers

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