Au Graspop, les eighties en coulée continue

Frontstage - Candlemass

Graspop Metal Meeting, vendredi… C’est à un retour dans le temps qu’invitent les groupes chargés de préparer le terrain pour les têtes d’affiche. Du light et du un peu moins light, mais pas aux dépens de la bonne humeur ambiante.

Il pleut sur Dessel. Je sais, c’est un gros cliché que d’entamer par la météo un billet « festival », mais quand les premières gouttes s’écrasent sur ta casquette alors que les mecs de Steel Panther sont en train de chanter « Party like tomorrow is the end of the world », et qu’on sait que ces glam rockeurs-là viennent de L.A., on accorde tout de suite beaucoup plus d’importance au temps qu’il fait. Pour les palmiers sous le soleil et les décapotables qui « cruisent », on repassera, quoi ! C’est comme l’équipe du Brésil à la Coupe du Monde : avec de la flotte qui tombe, ça fait tout de suite moins rêver.

Sinon, Steel Panther, c’est quasi quinze ans au compteur, des factures de coiffeur à attraper de l’eczéma et une très belle collection de bandanas. Et ce glam eighties, en effet, qui heureusement se marie à l’humour particulier des garçons. Très causants. « Quand tu es con, dans un groupe, tu joues de la basse ! » « Si tu prends assez de coke, tu auras toujours l’impression d’être la tête d’affiche. » Ce genre de commentaires… Ou, dans « Girl from Oklahoma », morceau heu… tendre, pour lequel des demoiselles sont montées sur scène : « Oooh, come on pretty baby, suck my balls all night. » Voilà. C’est assez rigolo, comme sketche. Surtout quand ça ne dure pas trop longtemps.

A l’autre bout du site, à droite après les avions et la chenille (oui, il y a des attractions, au Graspop), le ton est autrement moins branleur mais ramène d’une certaine manière lui aussi aux eighties. Les Suédois de Candlemass en imposent tout de suite plus, avec leur doom qui s’annonce au son d’une marche funèbre et s’éteint dans la « Solitude » du gars qui attend la mort. Pas de chichis, pas de solo interminable, pesant comme il faut, semble-t-il. Doom, quoi…

Une qui va bien par contre, c’est Doro. Doro Pesch, la blonde Teutonne qui tonne depuis, elle aussi, le début des années 80. Son rayon : le old school metal. Pas moyen de se tromper, c’en est, mais elle, elle y met une sorte de bonne humeur qui en deviendrait presque communicative. D’ailleurs, quand les gens applaudissent, elle se réjouit comme une gamine qui a tout juste déballé sa Saint Nicolas et qui n’en croit pas ses yeux. D’accord, « Burning the witches » et « Raise your fist in the air », ça ne va pas chercher chez Schopenhauer, mais un vendredi soir, avec une bière en main, ça ne pousse pas à la dépression non plus.

Sinon, le Graspop, c’est aussi une atmosphère détendue. Les gens sont là pour le plaisir et s’excusent même quand ils te moshpitent sur les pieds. Si ! Et puis, ben, il pleut encore par intermittence. Tout à l’heure, peut-être que ça m’inspirera une vanne à l’arrivée de Slayer. « Raining blood », tout ça quoi…

Didier Stiers

 

 

Didier Stiers

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