Couleur Café (jour 2): No Rain! No Rain! No Rain!

COULEUR CAFE  POUR LE SOIR  PHOTO DOMINIQUE DUCHESNES

Evidemment, c’était pas prévu. Couleur Café, on n’imagine pas ça sous la pluie. Tout le concept part à vau l’eau… Pour dire, c’est pas d’bol…

Moi, ça me rappelle les scouts. Genre. Le sac à dos, les chaussettes en laine et le k-way. Tu pensais partir au soleil, la vie douce, les grands espaces et la liberté, tu te retrouves dans une vieille campagne grise et boueuse en bord de Semois… Seul refuge: le hangar à victuailles où x milliers de péquins se tassent en attendant que ça passe.

‘fin bon, c’est surtout Keziah Jones qui doit l’avoir mauvaise. L’année où il est enfin promu sur la grande scène Titan et c’est déluge! C’est d’autant plus dommage que son blufunk est désormais relevé d’afrobeat: cuivres à tout va, rythmique tendue, et c’est vraiment bien senti. Keziah Jones est retourné vivre au Nigeria, sur la terre de ses aïeux et de Fela et il le fait savoir. Reprend le flambeau à sa manière. Et Dieu du ciel brumeux, ça joue! Bon, pour tout avouer, on dit ça surtout pour le dernier quart d’heure du set, ce moment où le ciel nous a autorisé une sortie…

Pour dire vrai, la grosse affaire de ce début de soirée, c’était surtout Brésil-Chili qui s’est joué aux pénalties. C’était tendu. On a frôlé de peu la révolution au pays du bois rouge. Mais on n’est pas trop sûr que ce soit la volonté du peuple de Couleur Café, la révolution. En fait, non, on a beau tomber sur des drapeaux cubains dans tous les recoins, ça n’a jamais été rien de tout cela, Couleur Café… En tout cas, pas pour de vrai.

Tiens, un qui ne risque pas de la faire, la révolution, c’est Burning Spear. 69 ans au compteur et le discours reste identique: “Retour en Afrique, terre ancestrale”, “Jah Rastafari” et toute la panoplie sur un rythme lancinant qui n’a pas évolué d’un iota depuis le prophète. Et on se dit qu’il serait bon pour le reggae que quelqu’un mette un peu à mal l’héritage de Seigneur Marley. Parce que le genre, là, à l’heure actuelle, il ressemble assez bien à Burning Spear: un papé qui rabâche les mêmes sempiternelles histoires complètement déconnectées de la réalité.

En fait, le bon plan, c’était sous la tente Univers, au sec, où Chance The Rapper a mis un souk fort bienvenu. Chance The Rapper, de son vrai nom Chancelor Bennett, vient de Chicago et fait la liaison directe entre James Brown et le hip hop des pionniers. Cuivres, big band et prestation du bonhomme qui rappelle le Funkateer en chef et nous fait remuer le fessier au point de suer de chaleur. Voilà. Il n’y a pas de petit plaisir!

DIDIER ZACHARIE
Photo: Dominique Duchesnes

Journaliste lesoir.be

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