Peinture de guerre et fondu au noir

Frontstage - Metallica

Metallica contre Warpaint : le match était forcément déséquilibré, ce jeudi à Werchter. En même temps, sortir la grosse artillerie ne vous donne pas forcément raison…

 

Il y a en tout cas une chose qu’on ne pourra pas reprocher aux garçons de Metallica : un manque de générosité dans l’effort. Quand ils montent sur scène, c’est pour y rester entre deux et trois heures et y proposer du lourd. En pensant principalement aux fans, d’ailleurs un trait caractéristique de nombre de formations labellisées « rock dur » (il n’en a pas été autrement le week-end dernier au Graspop). Quelques chanceux ont même gagné le droit, ce jeudi, de s’installer sur scène. Et les plus chanceux-chanceux de présenter des morceaux.

Ces fans le leur rendent bien. Les plus acharnés patientent dans les premiers rangs depuis l’ouverture des portes (et près de 10 heures sous le cagnard, ce n’est pas particulièrement rigolo). Metallica draine aussi toute une frange jeune, voire très jeune, comme en témoignent ces gamins  accompagnés par des « grandes personnes », vus par dizaines, arborant tous fièrement un T-shirt à l’effigie du groupe.

En même temps, même si Hetfield et ses potes puisent dans leur glorieux passé, à l’aube de leur période de gros vendeurs (avec, d’entrée de jeu, le trio « Battery », « Master of puppets » et « Welcome home (Sanitarium) », extrait de Master of Puppets), on ne m’enlèvera pas de l’idée que Metallica se complait dans un confortable mainstream. A quand remonte une setlist réellement chamboulée ? Evidemment, on serait leur avocat qu’on répondrait : « Est-ce réellement nécessaire ? » Ah ça, quand on sait quoi faire et comment le faire pour plaire… Autre question : leur son et leur technique épatent (encore que, côté son…), mais n’est-ce pas avant tout de la démonstration, du show ? Bien fun, oui, mais que nous dit encore réellement Metallica aujourd’hui ? Qu’est-ce que ça raconte ?

Ou alors, il faut aller chercher dans une sorte d’illustration, de mise en abyme même : quand Hetfield & co demandent aux fans de choisir des morceaux en se manifestant par sms, on pense aussi un peu téléréalité, télécrochet, formatage. Car y a-t-il eu des demandes vraiment inédites, dans les choix validés ?

Quelques instants auparavant, alors que les thrasheurs étaient attendus sur la main stage, les filles de Warpaint se produisaient sous l’un des chapiteaux. The Barn était blindé pour Robert Plant ; il était bien vide pour accueillir les Californiennes. Que peut la dreampop contre le déluge de double pédale ? Rien, manifestement… Du coup, comme ça résonne un peu, que ça fait plus gifle que caresse, des titres comme « Love is to die » perdent en délicatesse. La section rythmique apparaît alors nettement plus costaude. Mais… quand « Disco very », un peu new wave / Siouxsie suit « No way out » avec sa basse juste énorme, on découvre une autre facette du groupe, ses accointances avec le dancefloor. Pas décevant, donc.

Didier Stiers
(Photo : Mathieu Golinvaux)

 

Setlist Metallica : Battery – Master of puppets – Welcome home (Sanitarium) / Creeping death / The unforgiven / Lords of summer / Wherever I may roam / Sad but true / Fade to black / … And justice for all / One / For whom the bell tolls / Blackened / Nothing else matters / Enter sandman. Rappels : Whiskey in the Jar – The day that never comes – Seek & destroy.

Setlist Warpaint : Keep it healthy – Bees – Hi – Composure – Undertow – Intro – Love is to die – Drive – No way out – Disco very – Elephants.

Didier Stiers

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